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Les autorités françaises entretiennent des camps de prisonniers pour enfants en Syrie – Libération

Un collectif de familles d’enfants prisonniers dans les camps de Roj et Al-Hol, en Syrie, demandent au gouvernement leur rapatriement, qui ne serait que «l’application stricte de la loi».

Tribune. Le Collectif des familles unies regroupe plus d’une centaine de familles dont les petits-enfants, les nièces ou les neveux croupissent dans les camps de prisonniers de Roj et Al-Hol, en Syrie. Nous sommes en contact, régulièrement pour certains d’entre nous et de façon plus sporadique pour d’autres, avec ces enfants oubliés et leurs mères. Depuis des mois et parfois des années, nous recevons des photos, des appels, des cris de peur et de désespoir, des messages d’espoir aussi quand nous avons l’impression, quand ils ont l’impression, qu’une porte s’entrouvre sur une perspective de retour. Nous voyons nos petits-enfants, nos neveux et nos nièces grandir et dépérir derrière des grilles et des barbelés, n’ayant pour seul horizon que la tente de fortune qu’ils partagent avec leur mère, de la boue et des cailloux.

Nous connaissons leurs peurs, nous savons quand ils ont froid, quand ils ont faim et quand ils ont mal. Nous, les familles, les grands-parents, les tantes et les oncles, nous souffrons tous les jours dans notre chair de les savoir si démunis, si faibles et si vulnérables. Nous savons que ces enfants sont bien loin des caricatures monstrueuses que certains distillent dans l’opinion comme un venin, bien loin de ces «bombes à retardement biberonnées à la haine». Nos petits-enfants, nos nièces et nos neveux souffrent de traumatismes qui nécessitent une prise en charge médicale et psychologique. Certains d’entre eux ont survécu à de terribles scènes, mais chaque enfant est une histoire particulière : personne ne devrait pouvoir les réduire à un «portrait-robot» tronqué et fabriqué de toutes pièces. Esseulés au milieu d’un désert qui empeste le pétrole, ils veulent aller à l’école, avoir des jouets et s’amuser, comme tous les enfants du monde. Et comme tous les enfants du monde, ils dessinent sous leur tente des champs verdoyants, des fleurs et des soleils.

Le Défenseur des droits a demandé au gouvernement de faire cesser les «traitements inhumains et dégradants» dont sont victimes les enfants français dans les camps. L’Unicef, la Croix-Rouge et le secrétaire général de l’ONU ont demandé à la France de rapatrier les enfants français et leurs mères. En vain. Seuls 17 enfants français, dont 15 orphelins, ont été rapatriés des camps syriens en mars et juin 2019.

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Dans une tribune publiée le 3 novembre, le pédopsychiatre Boris Cyrulnik et le président de l’Unicef rappelaient avec force que «s’il est vrai que tous les enfants exposés aux conflits armés ont vécu des traumatismes, il a été aussi prouvé qu’ils sont capables de résilience en dépit des privations et des violences extrêmes qu’ils ont subies, s’ils sont accompagnés et aidés. Il est essentiel de ne pas les séparer ni de les emmener loin de leur mère, et de maintenir le lien affectif qui a pu se construire». Serge Hefez, psychiatre traitant des mineurs de retour de Syrie, a à son tour rappelé qu’ils étaient «très avides de liens, de paix» et que «la plupart […] avaient une résilience, une envie de vivre, une envie de reprendre une vie normale absolument extraordinaires». Alors, arrêtons d’avoir peur et arrêtons de faire peur : parce que ces enfants sont des victimes et parce qu’ils sont Français, il faut les accueillir et réparer les traumatismes. C’est en les laissant là-bas que ceux qui survivront pourront nourrir une haine contre leur pays qui les aura abandonnés à leur triste sort et condamnés à la prison et à l’exil, alors qu’ils ne sont coupables de rien.

Les autorités françaises assument que des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants français soient détenus sans jugement, sans procédures engagées contre eux, sans avocat, sans droit de visite, et de manière indéfinie dans un no man’s land juridique. L’Europe démocratique avait condamné à l’époque et de façon unanime la création du bagne de Guantánamo parce que des hommes pouvaient y être détenus dans des conditions inhumaines, indéfiniment et sans procès. Aujourd’hui, l’Europe démocratique fait pire parce qu’à Guantánamo, où il n’y avait pas d’enfants.

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Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont été le fer de lance de la défaite territoriale de Daech et des milliers d’hommes et de femmes ont perdu la vie dans ce combat. Aujourd’hui, elles sont désormais cantonnées par la France et l’Europe au rang de gardiens de ce gigantesque Guantánamo peuplé d’enfants. Les FDS, qui exhortent les pays concernés à prendre en charge leurs ressortissants majeurs et mineurs depuis des mois, ne sont que des «mandataires contraints» de la coalition : nos enfants sont prisonniers d’un seul pays, la France, qui refuse leur retour.

Comment un pays démocratique comme le nôtre peut-il maintenir des enfants innocents en prison ? Que les politiciens qui refusent obstinément de sauver ces enfants osent enfin les regarder dans les yeux et leur expliquent quel est leur crime, ce qu’ils ont fait pour mériter la prison et l’exil sans procès.

Nous sommes épuisées, nous, les familles, de devoir supporter l’inhumanité de notre propre pays face à la souffrance de nos enfants dont nous sommes, chaque jour, les témoins impuissants. Mais nous sommes aussi déterminées à nous battre jusqu’au bout pour les sauver. Nous ne demandons que l’application stricte de la loi et rien d’autre que le respect par la France de ses valeurs et principes fondamentaux. Ces enfants sont nos enfants, et nous ne les abandonnerons jamais.

Le collectif des familles unies

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