Manu, le gilet jaune blessé par une grenade lacrymogène samedi, a perdu son œil

20 Novembre 2019 0 Di Luna Rossa

Place d'Italie à Paris le 16 novembre 2019. Video filmée par un 'street medic' lors du rassemblement pour l'anniversaire d'un an de mobilisation des Gilets Jaunes. Un manifestant est blessé par un tir de grenade.

Emma Donada

La compagne de Manu, le manifestant blessé à l’œil après avoir reçu une grenade lacrymogène lors de l’acte 53 samedi à Paris, a indiqué à «CheckNews» que l’homme avait perdu l’usage de son œil.

La vidéo, très violente, avait indigné les réseaux sociaux. On y voyait, lors de la manifestation parisienne de samedi, un homme discutant tranquillement avec deux autres manifestants, recevoir un tir de grenade lacrymogène en plein visage. La scène s’est déroulée à 15h40, place d’Italie, où a eu lieu la plus grosse partie de la manif parisienne de samedi. En dépit de deux passages dans les hôpitaux parisiens ce week-end, l’homme de 41 ans, surnommé Manu, ne savait pas jusqu’à lundi soir s’il allait conserver la vue.

Contactée ce mardi matin par CheckNews, sa compagne, Séverine, qui était présente avec lui place d’Italie, indique que Manu a finalement perdu l’usage de son œil. «Son globe oculaire était coupé de part et d’autre à cause de la violence de l’impact. Et par la suite, il perdra sûrement aussi l’œil», dit-elle.

Intérimaire dans l’automobile, Manu, habitué des manifs de gilets jaunes depuis un an, était venu manifester à Paris avec sa compagne depuis Valenciennes (Nord) dont il est originaire. «On veut vivre de nos salaires, et on se bat aussi pour nos enfants. On en a quatre chacun», expliquait Séverine à CheckNews, lundi.

Contactée par Libération, la préfecture de police de Paris a indiqué que le préfet Lallement allait saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) «à la demande du ministère de l’Intérieur». Lundi, en fin de journée, la justice a elle aussi saisi la police des polices : le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «violence par personne dépositaire de l’autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours».

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