Varda : de Cuba au Black Power, l’âme d’une révolutionnaire – Culture / Next

30 Marzo 2019 0 By Luna Rossa

Les documentaires et reportages photo d’Agnès Varda témoignent de son engagement, notamment dans les bouillonnantes années 60.

Ala fin des Plages d’Agnès, Varda rappelle que le cinéma est sa maison et qu’il lui semble y avoir toujours habité, «mais pour découvrir le monde, il faut sortir de chez soi.»Varda se sera pas mal promenée pour ses documentaires. Parmi ceux-ci, plusieurs sujets sur des mouvements qui témoignaient de son engagement : un grand reportage photo en Chine, puis un autre à Cuba au cœur de la révolution castriste bourgeonnante et, six ans plus tard, un documentaire sur le Black Power au milieu du flower power californien, dont son film Lions Love rend compte, à sa manière.

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Outre-Atlantique, en 1968, elle manifeste contre la guerre du Vietnam et habite du côté de Venice, le futur beau quartier de Los Angeles où elle reviendra au début des années 80. Bande-son innervée de free-jazz soul et images cadrées au plus près, le film consacré aux Black Panthers est un documentaire coup de poing.

Avant, elle était déjà partie vivre deux expériences «révolutionnaires», dont elle rapportera des témoignages photographiques qui ont désormais valeur de documents. En 1957, dans la Chine d’avant la mise au pas culturel, puis fin 1962 à Cuba juste après l’arrivée de Fidel. «Je me souviens avoir relu et appris par cœur des poèmes de Baudelaire pendant que je descendais le fleuve Bleu, le Yangzi Jiang, de Chongqing à Shanghai. C’était en 1957. En voyage, c’est bien de lire “décalé”…»Elle eut le privilège de faire partie des rares étrangers à voyager au cœur de ces campagnes, invitée par le gouvernement de Zhou Enlai. «J’ai été fascinée par l’élan collectif du Bond en avant. Je souris en me rappelant que la république populaire de Chine, avec ses 850 millions habitants, n’était pas encore reconnue par les Nations unies.»

Cinq ans plus tard, dans l’île de Castro, elle appréciera une utopie épicée, socialisme et tchatchatcha, dont elle rapportera 4 000 photos en noir et blanc, entre humanisme documentaire et abstraction, portrait de Fidel et vie quotidienne. De quoi tirer 28 minutes intitulées non sans humour Salut les Cubains. Longtemps demeurées dans les cartons, ces images furent exposées en 2016 au centre Beaubourg. A cette occasion Agnès Varda revenait sur cet épisode moins connu de sa vie : «C’était un travail très joyeux, et j’ai été joyeuse en le montant puisque j’avais cette musique, tellement tonique. Ça a fait un film animé… Tout documentaire est subjectif, je ne crois pas du tout au cinéma vérité. Le choix même du plan, de l’objectif, l’est. Moi, je souhaitais que ce soit didactique et divertissant, pour qu’on apprenne ce qui se passait à Cuba, quelle culture était en fleur.»

Jacques Denis

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