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A Paris, Extinction Rebellion occupe un centre commercial, «symbole des impasses de notre système économique» – Libération

Un millier de militants écologistes soutenus par des gilets jaunes et d’autres associations, ont investi le centre commercial Italie 2 à Paris pour dénoncer la destruction de l’environnement par le capitalisme.

Italie 2 ce samedi matin: un centre commercial du XIIIe arrondissement parisien, qui émerge de la pluie et de la grisaille. A 9 heures, la matinée est tranquille, les allées presque désertes. Puis vers 10 heures, comme un air d’ouverture des soldes. Des grappes de jeunes arrivent par toutes les entrées d’un pas pressé, déconcertant les vigiles. Très vite, ils sont plus d’un millier. En K-Way et sac à dos, ce ne sont pas des clients mais des militants du mouvement écologiste radical Extinction Rebellion (XR) venus occuper le centre commercial. «Ces lieux sont un symbole des impasses de notre système économique. Ils sont l’aboutissement de la surproduction qui épuise le monde vivant comme les travailleurs», explique Sarah, la vingtaine et porte-parole de l’action.

Avec l’arrivée des militants et de leurs slogans, les rideaux de fer des commerces se sont baissés les uns derrière les autres. Seul le salon de coiffure est resté ouvert, les employés continuant à faire cliqueter leurs ciseaux d’un air incrédule. Les autres clients sont sortis, sans déclencher trop d’amertume chez les commerçants. «Je les comprends, s’ils ne prennent pas la parole sur ces questions d’écologie, personne ne bougera. Ils perturbent l’activité mais la cause le vaut», estime Maud, en repliant son stand de vente de cookies. Aux portes d’entrées, des palettes, des tables ont été entassées, des poteaux installés en travers pour bloquer l’ouverture. Une militante refuse par contre que les pots de fleurs soient utilisés comme obstacles pour être «piétinées par les flics», ce qui ne serait pas «rendre justice à la nature». Les sorties sont libres mais l’entrée est impossible.

Aux «Travaille, consomme et ferme ta gueule» qui résonnent, succède bientôt le chant des gilets jaunes : «On est là, on est là, même si Macron, ça lui plaît pas.» Menée par XR, l’action inclut aussi d’autres mouvements écologistes (comme Youth for climate) le comité Adama et des gilets jaunes. «C’est une action de convergence logique, dit Sarah. Le système qui détruit la planète est aussi sexiste, raciste et producteur d’inégalités». Un peu plus loin, Christian et Fab, gilets jaunes depuis le début confirment. «C’est important de faire se rencontrer les gens qui s’en prennent au même système. Et c’est important aussi d’être là pour montrer que les gilets jaunes c’est pas des types qui fument des clopes et roulent au diesel, mais des gens qui veulent construire un monde de solidarité», affirment les deux quadragénaires, barbus et dégarnis, qui terminent mutuellement leurs phrases.

Banderoles et AG

Après plusieurs heures sans intervention policière, malgré les CRS présents en nombre autour du bâtiment, l’occupation semble partie pour durer. Alors, dans Italie 2, on s’organise. Des sandwichs et des jeux de carte sortent des sacs, ceux qui se sont levés tôt font une sieste dans un coin et d’autres bricolent des toilettes temporaires avec seaux et rigoles. Casqués et encordés, des casse-cou suspendent de grandes banderoles aux baies vitrées qui donnent sur la place d’Italie.

Des mini-AG d’une vingtaine de personnes se créent devant les boutiques, avant que les référents de chaque groupe aillent débattre des suites à donner à l’action dans une grande AG. Faut-il prendre l’assemblée en photo ? La question fait débat. Certains s’y opposent, pour éviter d’être repérés et fichés comme «organisateurs», ce qu’ils ne sont pas. «On prend les mêmes risques en occupant le lieu, qui est rempli de caméras, qu’en faisant une AG, rétorque un grand blond. Elle est notre force, c’est important de montrer qu’en plein blocage on a toujours un fonctionnement démocratique, qu’on débat. C’est une plus fort qu’une photo des portes bloquées».

Après une journée faite de fausses alertes, les forces de l’ordre ont fini par tenter l’entrée dans le centre commercial aux alentours de 21h, en passant par l’une des boutiques. Malgré les gaz lacrymogènes, les bloqueurs ont tenu bon, et les cars de police s’en sont allés. L’assemblée des militants, bien dégarnie, est restée jusqu’au milieu de la nuit, à danser et discuter.

Un avant-goût de la semaine à venir, où Extinction Rebellion va mener des actions de blocage et de désobéissance civile dans une soixantaine de capitales mondiales, dont Paris.

Sorgente: A Paris, Extinction Rebellion occupe un centre commercial, «symbole des impasses de notre système économique» – Libération

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