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UE dans le vague et populistes en vogue : le symptôme d’un malaise démocratique – Libération

Italie, Pologne, Hongrie… L’émergence des régimes démagogues au sein de l’UE ne doit pas être analysée comme un rejet, mais comme une réaction des citoyens dépouillés de leurs droits.

«C’est le premier budget italien qui ne plaît pas à l’Union européenne. Cela ne m’étonne pas : c’est le premier budget italien qui a été rédigé à Rome et non à Bruxelles», a lancé sur sa page Facebook Luigi Di Maio, le leader du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) et vice-Premier ministre, après que la Commission a demandé à Rome, mardi, de «réviser» le projet de budget 2019 du pays. «Ils ne sont pas en train de s’attaquer à un gouvernement, mais à un peuple. Ce sont des choses qui mettent les Italiens encore plus en colère et après on se plaint que la popularité de l’Union européenne soit au plus bas», a surenchéri Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), vice-Premier ministre également, et homme fort du gouvernement.

C’est peu dire que les démagogues européens sont ravis du cadeau que vient de leur faire la Commission en appliquant benoîtement les «règles», le mantra de l’Union : la preuve est faite que «Bruxelles», technocrate non élu, est bien contre les peuples souverains. Ce n’est pas un hasard si, en France, tant Marine Le Pen que Nicolas Dupont-Aignan ou Jean-Luc Mélenchon ont apporté leur soutien à Rome. «Dans cette affaire, les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L’identité nationale française est une identité républicaine qui se confond avec l’idée de souveraineté populaire. C’est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission», a ainsi lancé le leader de La France insoumise, mercredi, à Strasbourg.

Friction

L’affaire du budget italien n’est que le premier épisode, et sans doute pas le dernier, de l’affrontement qui oppose l’Union aux régimes démagogues et autoritaires qui ont été élus en Pologne, en Hongrie, en Slovaquie ou encore en Roumanie. Etat de droit, immigration, euro… Les sujets de friction sont multiples. Le plus inquiétant est que presque tous les pays européens, à l’exception remarquable de l’Espagne et du Portugal, voient des partis dits «populistes» apparaître et croître. La fracture Est-Ouest, qui séparerait les anciennes républiques populaires des vieilles démocraties, longtemps mise en avant pour expliquer ce phénomène, ne tient plus depuis que l’Italie s’est donné une majorité M5S-Ligue.

Une vague «populiste» qui interroge à tout le moins l’Union, justement fondée en réaction au fascisme : comment est-il possible que, dans cet espace démocratique de paix et de solidarité – il concentre 50 % des dépenses sociales de la planète -, de tels mouvements autoritaires et xénophobes ressurgissent ainsi ? A-t-elle une responsabilité au moins partielle dans ce phénomène ? «L’Union a, malgré elle, nourri les populismes car les gens ont le sentiment qu’ils n’ont pas prise sur les décisions qui concernent leur destin collectif, confirme le Néerlandais Luuk Van Middelaar (1), philosophe politique, historien et ancien conseiller de Herman Van Rompuy, président du Conseil européen de 2010 à 2014. Tant qu’elle s’occupait de la politique agricole commune ou du marché intérieur, cela n’avait aucune importance. Mais depuis une vingtaine d’années, elle prend des décisions qui concernent le cœur des souverainetés : monnaie, frontière, police, politique étrangère, défense.» Or sur tous ces sujets sensibles, le processus décisionnel n’est ni démocratique ni politique : «Il n’y a pas d’espace démocratique, pas d’alternance possible, pas d’opposition légitime. Et il y a une tendance fâcheuse des institutions communautaires à renvoyer toute critique dans le camp du mal, celui des antieuropéens», juge Van Middelaar.

Cri de protestation

La gestion de la crise des migrants par l’UE est un exemple de cette confiscation de la démocratie : elle a cherché à imposer de force des demandeurs d’asile à des pays qui n’en voulaient pas, certes en respectant les règles mais en oubliant de faire de la politique. Le pire est sans doute la zone euro : toutes les décisions sont prises par le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement et l’Eurogroupe – instance qui réunit les ministres des Finances -, qui ne sont collectivement responsables devant personne, ainsi que par la Commission, organe désigné qui n’a pas de comptes à rendre au Parlement européen dans le domaine de l’Union économique et monétaire. Bref, le populisme pourrait n’être qu’un cri de protestation de citoyens dépouillés de leurs droits et non d’un refus de l’Europe : ce n’est pas un hasard si les démagogues se gardent bien de réclamer une sortie de l’euro ou de l’Union.

Sorgente: UE dans le vague et populistes en vogue : le symptôme d’un malaise démocratique – Libération

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