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Quel est le programme de Jair Bolsonaro pour l’Amazonie ? – Libération

Le candidat favori à l’élection présidentielle brésilienne veut assouplir les contrôles, au détriments des droits des autochtones et de l’environnement.

Jair Bolsonaro est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle brésilienne le 7 octobre, avec 46,03% des voix. Vous nous demandez ce qu’il prévoit pour l’Amazonie, un espace clé à la fois du développement du Brésil et de la protection environnementale qui représente dans ses dimensions administratives 61% du territoire brésilien.

Un programme officiel peu précis

Si l’on s’en tient au document de 81 pages disponible sur son site intitulé «le chemin de la prospérité», il n’existe pas de proposition concrète visant l’Amazonie, mis à part le renforcement du rôle de l’agriculture dans les zones rurales et le développement les infrastructures. À l’image du reste du document, les mesures sont peu détaillées. Les priorités du candidat classé à l’extrême droite sont avant tout la lutte contre l’insécurité, la drogue et la corruption.

C’est au cours de la campagne, que Jair Bolsonaro et son équipe ont multiplié des déclarations inquiétantes pour les défenseurs de l’environnement et des droits des populations autochtones qui vivent dans la région. Le 8 octobre, GreenPeace Brésil a estimé sur Twitter que «dans sa proposition de gouvernement et par des déclarations publiques au cours de sa campagne, le candidat Jair Bolsonaro s’est positionné contre diverses priorités environnementales». L’ONG a aussi publié un décryptage plus global pour critiquer les propositions de plusieurs candidats à la présidentielle concernant l’environnement.

Il signe d’abord la fin du ministère de l’Environnement. Bolsonaro qui indiquait dans son programme vouloir réduire le nombre de ministères, a annoncé son intention de supprimer ce ministère pour le rattacher au ministère de l’Agriculture, dans l’intention affichée de faciliter la vie à l’agrobusiness. «La fusion de ces deux ministères (Agriculture et Environnement) enlève beaucoup de problèmes à la classe productrice du secteur», a-t-il indiqué à des journalistes, à la sortie d’une réunion de la commission de l’agriculture, en septembre.

Remise en cause des droits autochtones et de la protection de l’environnement

Autre mesure forte : le possible retrait de l’accord de Paris. Au détour d’un déjeuner avec des représentants du secteur de l’assurance en septembre, Jair Bolsonaro a menacé de se retirer de l’accord de Paris sur le climat au nom de la «souveraineté nationale», rapporte l’agence Reuters. «Je quitte l’accord de Paris si cela continue d’être l’objet. Si notre rôle est de livrer 136 millions d’hectares d’Amazonie, je ne serai pas là», a-t-il assuré.

«Cela signifie que le pays ne serait plus engagé à réduire ses émissions résultant de la déforestation de l’Amazonie, qui est ici une source de gaz à effet de serre plus importante que la combustion de combustibles fossiles», estime le journaliste brésilien Fabiano Maisonnave, dans un article publié sur le site spécialisé Climate Home.

La vision de la souveraineté nationale de Jair Bolsonaro exclut aussi le droit des peuples autochtones qui sont considérés comme un obstacle au développement. Il a donc aussi proposé de soumettre au parlement un projet de loi visant les exploitations commerciales sur les terres autochtones. «Il y a beaucoup de réserves surdimensionnées et les Indiens veulent faire sur leur terre ce que les fermiers font sur la leur», a-t-il estimé.

Désarmer les institutions

Le candidat a effectivement d’autres projets pour l’Amazonie que la préservation du climat et donc de sa forêt, «poumon vert» du monde. Il envisage notamment de faciliter l’implantation d’activités économiques dans des zones relativement protégées par la législation et des insitutions. Pour se faire, il cherche à limiter le contrôle des autorités.

Jair Bolsonaro prévoit ainsi de s’attaquer aux «licences environnementales» et diverses autorisations administratives délivrées par les institutions pour s’assurer du respect de l’environnement. Dans son programme écrit, il mentionne par exemple le cas des centrales hydroélectriques, donc des barrages : «Les petites centrales hydroélectriques […] ont été confrontées à des obstacles presque insurmontables en matière de licences environnementales. […] Nous veillerons à ce que la licence soit évaluée dans un délai maximum de trois mois», s’engage notamment le candidat.

Rappelons qu’en 2017, la tribu amazonienne des Munduruku a bloqué la construction d’un barrage entreprise en partie sur leur terre.

Selon le quotidien brésilien Estadão, Bolsonaro veut fusionner l’Ibama, l’instance chargée de délivrer des autorisations aux entreprises, et l’ICMbio qui gère les réserves naturelles et protège la biodiversité. Et Ibama serait vidée de sa mission de délivrance de licence environnementale.

Une autoroute sortie des cartons

Cela signifierait d’après Fabiano Maisonnave que certains projets bloqués jusque-là par ces institutions pourraient être relancés, comme la rénovation de la BR-319, une autoroute délabrée de 890 km au coeur «d’une des régions les plus préservées d’Amazonie».

La reprise des travaux a effectivement été évoquée par l’équipe de Bolsonaro, notamment le général Hamilton Mourão, candidat à la vice-présidence de Jair Bolsonaro, lors d’un meeting à Manaus, comme le rapporte un média local de l’Etat d’Amazonas. «Nous devons investir dans la BR-319 avec tous les problèmes de la question environnementale, ce qui nécessite de la détermination et du courage du président de la République. Bolsonaro a beaucoup d’argent», a estimé Mourão. Une ambition qui correspond bien avec les grands objectifs fixés dans le «chemin de la prospérité».

À noter que Fernando Haddad, l’opposant de Bolsonaro au second tour de l’élection présidentielle, du parti des travailleurs (PT) s’est aussi prononcé en faveur de la reprise des travaux sur la BR-319, d’après le BNC Amazonas.

En revanche, d’après Estadao, le Général Ferreira, conseiller de Bolsonaro a écarté l’extension de la culture du soja, de maïs et de canne à sucre en Amazonie. «Je suis un développementaliste, pas un environnementaliste. Mais l’Amazonie n’est pas pour ça. Ce serait stupide», a-t-il indiqué.

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