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Aux Antilles, Macron «sur le chemin de la réparation» – Libération

L’après-Irma, le chlordécone, les algues brunes… le chef de l’Etat s’est appliqué à se montrer proche des préoccupations des Antillais, luttant contre l’image de président «hautain».

«J’ai au ventre l’impatience de 66 millions de Français», a déclaré Emmanuel Macron devant la presse qui l’accompagnait jeudi dans ses échanges avec la population de Saint-Pierre, sous-préfecture de la Martinique. Par cette confidence, le Président entendait défendre sa méthode et son style, souvent jugé brutal et péremptoire. Il disait aussi sa propre impatience de sortir de l’état de disgrâce dans lequel il s’enfonce depuis le début de l’été. Alors que le «choc de confiance» que ses disciples annonçaient après son élection n’est plus qu’un lointain souvenir, les Français doutent de plus en plus de l’efficacité de sa politique économique. Plus grave encore, ils sont toujours plus nombreux à le juger arrogant et déconnecté de la réalité. Après l’affaire Benalla, le divorce avec Nicolas Hulot et la brouille avec Gérard Collomb ont sérieusement porté atteinte aux prétentions jupitériennes. Ses opposants ne se privent pas d’enfoncer le clou : François Hollande s’est fait un plaisir de fustiger la méthode «lointaine, distante, voire méprisante»de son successeur. «Moi, j’ai voulu être un président à la hauteur, mais pas hautain», a envoyé «l’ex» dans un entretien publié samedi par l’Echo républicain.

Été calamiteux

Mais Macron ne s’avoue pas vaincu. Plombé par un été calamiteux, il veut se refaire cet automne en démontrant qu’il se soucie d’abord du sort des plus fragiles et des plus démunis, ce qu’il estime avoir commencé à faire avec l’annonce de son «plan pauvreté». Tout le contraire du «président des riches». De jeudi à dimanche, de la Martinique à Saint-Barthélemy, sa tournée dans les Petites Antilles lui en a fourni une excellente occasion. Après trois jours à New York, où il participait à l’Assemblée générale des Nations unies, Macron ne pouvait pas choisir meilleur endroit pour répondre, au plus près du terrain, aux impatiences qu’il veut partager. Outre un taux de chômage plus de deux fois supérieur à celui de l’Hexagone, les territoires d’outre-mer sont accablés de nombreux maux : pollution au chlordécone, un pesticide cancérogène ; prolifération des sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques ; délabrement catastrophique du réseau de distribution d’eau potable en Guadeloupe ; et, bien sûr, des tempêtes tropicales et des cyclones de plus en plus dévastateurs.

La tournée s’est achevée par les visites des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, ravagées l’an dernier par Irma, le plus puissant ouragan jamais enregistré dans la région. Par un «heureux» hasard, l’arrivée en Martinique du chef de l’Etat jeudi a coïncidé avec le déclenchement d’une alerte cyclonique, complétée, le lendemain, par un tremblement de terre au large de l’île. Le décor était ainsi planté : c’est sous un régime de bourrasques et d’averses que Macron est allé à la rencontre de populations désemparées, qui s’estiment souvent abandonnées par la métropole. De quoi donner une allure épique aux déambulations présidentielles, notamment à Saint-Martin où il a discuté samedi pendant cinq heures, dans une ambiance électrique, parfois sous des trombes d’eau, avec les habitants de Quartier-d’Orléans, commune dévastée par Irma (lire ci-contre).

Partout, il s’est attaché à entrer dans des détails touchant au quotidien des habitants et dont beaucoup relèvent plus, comme il l’a souligné lui-même, de la compétence d’un élu local que de celle d’un président de la République. Jeudi à Morne-Rouge, en Martinique, il a qualifié de «scandale environnemental, fruit d’un aveuglement collectif», la pollution au chlordécone, insecticide cancérogène interdit dès 1976 aux Etats-Unis, mais utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies antillaises. Devant des agriculteurs réunis dans une petite exploitation maraîchère au pied de la montagne Pelée, il a promis«d’avancer sur le chemin de la réparation»pour les personnes surexposées au produit soupçonné d’être responsable d’une explosion des cancers de la prostate.

«Système clientéliste»

Vendredi à Goyave, petit port de pêche de Guadeloupe régulièrement touché par l’invasion d’algues pestilentielles, Emmanuel Macron a détaillé les mesures d’un «plan sargasse». Pour ramasser les algues dans les quarante-huit heures, l’Etat participera au financement des barges de collecte à hauteur de 500 000 euros. Aux Abymes, commune limitrophe de Pointe-à-Pitre, il a promis le même jour de rétablir l’eau courante pour tous d’ici deux ans, alors que la majorité des habitants subit des coupures récurrentes à cause d’un défaut d’entretien des canalisations. Délaissé depuis un demi-siècle, le réseau laisse fuir 60 % de l’alimentation. Macron a pointé la responsabilité des élus locaux dans un «système clientéliste» et dans l’évaporation de «plusieurs milliards d’euros» : «L’argent est bien passé quelque part, mais pas dans les canalisations»,a-t-il constaté, souhaitant que soient établies «les responsabilités financières ou pénales».

Le président mal aimé chercherait-il la rédemption en cultivant l’hyperproximité ?«Je continuerai à être naturel, à répondre aux gens de manière très directe comme vous me voyez faire», a-t-il confirmé en Martinique. Et ce dimanche, dans le Journal du dimanche, il confiait le plaisir qu’il prend à cet exercice qui le «régénère» : «J’aime profondément être avec mes concitoyens, à portée de visages et d’embrassades ou d’explications.» Dans les colonnes du journal, il reconnaissait également que certaines de ses expressions polémiques – «pognon de dingue» ou «Gaulois réfractaires» – comptent parmi les erreurs inévitables qui méritent d’être corrigées. Pour le reste, il demande à être jugé sur «sa capacité à répondre aux problèmes quotidiens des Français», sans perdre son temps à discuter de sujets qui sont accessoires. Mais cette insistance à parler du quotidien n’est en rien annonciatrice d’un éventuel changement de politique. Sur ce point, Macron est formel : il entend«garder le cap» car le pays se trouverait, selon lui, à ce moment sensible qui exige,«plus que jamais», de continuer à réformer alors même que «les résultats des réformes menées ne sont pas encore perceptibles». Tant pis pour les impatients.

Sorgente: (1) Aux Antilles, Macron «sur le chemin de la réparation» – Libération

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