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Tariq Ramadan : deuxième round face à «Christelle» – Libération

Le prédicateur musulman doit être de nouveau confronté ce mardi à cette femme qui l’accuse de l’avoir violée en 2009.

Acte II. Une affaire judiciaire, c’est aussi beaucoup de dramaturgie. Ce mardi matin au palais de justice de Paris, Tariq Ramadan et «Christelle» (un prénom d’emprunt) sont interrogés face à face par les trois juges d’instruction en charge du dossier, la plaignante accusant le théologien de l’avoir violée le 9 octobre 2009 dans un hôtel à Lyon. Tariq Ramadan le dément, comme il dément les abus sexuels dont l’accuse une autre femme, Henda Ayari. Deux affaires pour lesquelles il a été mis en examen il y a sept mois. L’ancien universitaire, de surcroît mis en examen pour «viol» et «contraintes sexuelles» il y a quelques jours par la justice suisse (lire ci-contre), devrait sans surprise maintenir sa ligne de conduite ce mardi. «Il y a deux versions totalement antinomiques qui n’ont pas lieu de s’accorder», explique à Libération, MEric Morain, l’avocat de Christelle.

Placé en détention provisoire en février, Tariq Ramadan a fait preuve jusqu’ici de combativité, même s’il est affaibli physiquement et souffre d’une sclérose en plaques. Auditionné le 5 juin par les juges d’instruction, il a répété pour sa défense que c’était lui qui était harcelé par les femmes. Mais lors de leur première confrontation, le 1er février à Paris, Christelle l’avait sérieusement mis en difficulté : elle avait alors décrit une cicatrice de quelques centimètres qu’a Tariq Ramadan à l’aine, donnant de la crédibilité à son affirmation qu’il y avait eu des relations intimes entre eux. Pour le moment, le prédicateur a juste consenti un «jeu de séduction virtuel et sexuel» avec elle. Le reste étant «pure affabulation», a-t-il déclaré lors de l’enquête.

Contre-feux

C’est le fait que Christelle ait connaissance de cette cicatrice qui devrait focaliser les questions ce mardi. La défense du théologien a allumé des contre-feux. «Le dossier démontre aujourd’hui que [Christelle] a été en contact avec des femmes qui ont été les maîtresses de Tariq Ramadan. Je ne dis pas que ce sont ces femmes qui lui ont donné ce détail anatomique. […] Je dis simplement qu’il y a des éléments qui sont troublants», déclarait fin juillet Me Emmanuel Marsigny, l’avocat de Tariq Ramadan. Ce qu’avait déjà affirmé son client en juin devant les juges d’instruction. «Elle est en contact avec des femmes avec qui j’ai eu des relations», avait déclaré Ramadan aux magistrats.

De fait, des liens se sont créés entre des victimes présumées du prédicateur. Faut-il en conclure qu’elles ont ourdi une infernale machination pour le faire tomber ? C’est ce que ne manquent pas de répandre les soutiens de Ramadan. «Nous sommes en train de découvrir que l’on a face à nous des adeptes de la théorie du complot», réplique l’avocat de Christelle. Comme les autres plaignantes, celle-ci dit subir harcèlement et menaces.

Contrairement à Henda Ayari, hyperprésente dans les médias, Christelle maintient discrétion et distance avec la presse, fermement cornaquée par son avocat, Eric Morain, refusant de donner sa véritable identité et d’apparaître à visage découvert. Pour sa confrontation de mardi, elle fait juste un très rapide aller-retour entre Paris et le sud de la France où elle vit avec un chat et un chien (un braque dénommé Lylie) que cette militante de la cause animale a recueillis il y a quelques années. Depuis le dépôt de sa plainte le 26 octobre 2017, ses espaces d’intimité et de repli se sont néanmoins drastiquement réduits. «L’affaire occupe beaucoup mes pensées, confie-t-elle à Libération. C’est aussi très difficile de résister aux intrusions de tous les pro-Ramadan.» Son vrai prénom et l’initiale de son patronyme ont été dévoilés. Et cela par des très proches du théologien.

Christelle a surtout essuyé une violente campagne politique visant à la discréditer. La quadragénaire a été accusée d’être une militante d’extrême droite. Parce qu’elle a été candidate aux élections législatives de 2012, sous la bannière du parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République. «Je ne pouvais pas savoir que cinq ans plus tard, il passerait un accord avec Marine Le Pen», se défend-elle. Sa carrière politique s’est arrêtée là. Jamais, jure-t-elle, elle n’a assisté à un meeting du Front national (devenu depuis Rassemblement national), ni milité dans ce parti.

Socialiste déçue, Christelle se revendique «gaulliste». Et botte en touche une autre accusation récurrente, celle d’avoir créé des sites internet de soutien à Marine Le Pen. «J’ai déposé des noms de domaine que j’ai ensuite revendus», s’explique-t-elle. Christelle est une geek. Là-dessus, il n’y a aucun doute, aucune contestation. Son écosystème à elle, c’est Internet. Son ancien métier aussi : avant le début de l’affaire, elle était spécialiste de web-design et de web-marketing. Pour se faire entendre, ainsi que les victimes présumées de Tariq Ramadan, elle a récemment créé un site Lesplaignantes.com, qu’elle dit régulièrement piraté.

Ennuis de santé

Dans le camp d’en face, la défense de Tariq Ramadan a demandé, en juillet, une expertise médicale de Christelle pour établir si la quadragénaire était réellement malade le 18 juillet, date fixée au départ pour la confrontation qui a finalement lieu ce mardi. Parmi les soutiens au théologien, on a laissé entendre que c’était une tactique pour maintenir Tariq Ramadan en détention provisoire quelques semaines supplémentaires. Mais les résultats de l’expertise (dont Libération a pu consulter les conclusions) sont sans appel. «Son état de santé était incompatible avec sa présence et son audition dans le cadre d’une confrontation avec le mis en examen», écrit l’expert médical. Par un effet de boomerang inattendu, celui-ci a apporté de l’eau au moulin de Christelle. Les graves infections à répétition qu’elle subit pourraient être, selon l’expert, le signe d’un choc post-traumatique.

Bernadette Sauvaget Photo Frédéric Stucin

Sorgente: Tariq Ramadan : deuxième round face à «Christelle» – Libération

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