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Après une accalmie de deux ans, le terrorisme frappe à nouveau en Tunisie – Libération

Six membres de la Garde nationale, en charge de la lutte antiterroriste, sont morts à la frontière avec l’Algérie dimanche, dans une zone sous surveillance à cause de la présence de deux groupes jihadistes. L’attaque survient au moment où les touristes reviennent dans le pays.

La Tunisie a connu, ce dimanche, sa plus importante attaque terroriste depuis plus de deux ans. Au moins six membres de la Garde nationale, en charge notamment de la lutte contre le terrorisme, sont morts à Ghardimaou, dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec l’Algérie. Les victimes, dont le chef du poste frontalier, patrouillaient à bord de deux véhicules tout-terrain quand une mine antichar a explosé à leur passage, vers midi. Les autorités n’ont, pour l’heure, pas précisé l’identité des auteurs de l’attaque qualifiée de «terroriste».

La zone faisait l’objet d’une intense surveillance depuis plusieurs mois. Le camping voisin de Aïn Soltane a longtemps été fermé avant de rouvrir ce printemps mais avec des horaires aménagés. Selon le journal algérien Al-Bilad daté du 12 juin, les services de renseignement algériens et tunisiens craignaient des attaques prochaines dans la région après le recensement d’une centaine de combattants massés à la frontière. Deux groupes terroristes répertoriés sont installés dans les monts qui séparent la Tunisie de l’Algérie : la katiba Oqba ibn Nafi, affiliée à al-Qaeda au Maghreb islamique et les Soldats du Califat en Tunisie, liés à l’Etat islamique.

Autorités prises de court

Malgré ces alertes, les autorités tunisiennes semblent cependant avoir été prises de court. Neuf puis huit morts ont été annoncés par différents ministères et organes de sécurité avant que le chiffre de six ne soit officialisé. L’agence de presse nationale a évoqué des échanges de tirs entre assaillants et forces de l’ordre après l’explosion de la mine antichar, ce qu’a réfuté le porte-parole de la Garde nationale, Houcemeddine Jebabli. Des hélicoptères ont cependant bien été déployés après l’assaut pour survoler le relief escarpé de la région.

La Tunisie n’avait plus connu d’attaque aussi meurtrière depuis le 7 mars 2016 quand des militants de l’Etat islamique, en provenance de Libye, ont attaqué la ville frontière de Ben Guerdane, faisant treize morts et quatorze blessés. Depuis, le gouvernement s’était félicité d’avoir réussi à éviter tout nouvel attentat. Après ceux du Bardo (21 touristes morts) et de Sousse (38 touristes morts) en 2015, la Tunisie avait décidé d’ériger un ensemble d’obstacles d’eau et de monticules de sable à la frontière avec la Libye, où un grand nombre de terroristes tunisiens s’étaient réfugiés.

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Un calme précaire

La menace est finalement arrivée du nord-ouest, sans que cela ne surprenne outre mesure les experts. «La situation présente [absence d’attaques] ne doit pas être considérée comme une victoire sur les militants [terroristes], mais comme un calme précaire», écrivait fin juin, Matt Herbert dans un rapport pour le think-tank Carnegie intitulé «L’insurrection dans les régions frontalières de l’ouest de la Tunisie». L’auteur y pointe notamment les «importants problèmes internes»auxquels font face les forces de sécurité. L’attentat intervient alors que le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, qui a dirigé la Garde nationale, a été remercié le 6 juin pour des raisons d’équilibre politique. Son départ a été suivi par le remplacement d’une centaine de cadres du ministère, rebattant notamment les cartes au sein de l’unité d’élite.

L’attaque arrive au début d’une saison touristique qui s’annonce comme la plus réussie depuis 2015. Le représentant de l’Office national du tourisme tunisien en Algérie, Fouad el-Oued, tablait il y a quelques jours sur la venue de trois millions de touristes algériens cette année. Des touristes qui empruntent, pour certains, le poste frontière de Ghardimaou… Les Occidentaux n’étaient pas en reste avec notamment le retour des tour-opérateurs Thomas Cook et TUI, qui avaient déserté le pays à cause des deux attentats de 2015. Au premier trimestre 2018, les recettes touristiques ont ainsi progressé de 46% par rapport à l’an dernier.

Mathieu Galtier Correspondant à Tunis

Sorgente: Après une accalmie de deux ans, le terrorisme frappe à nouveau en Tunisie – Libération

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