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En manif, les forces de l’ordre repliées en défense – Libération

Pour éviter de faire des victimes, les policiers retardent au maximum la confrontation avec les manifestants, comme le 1er Mai à Paris. Un retour à une stratégie classique, mise entre parenthèses en 2016.

De gauche à droite, tous les responsables politiques pointent un problème. Au lendemain de la manifestation parisienne du 1er Mai, de ses affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, et des dégradations matérielles, la gestion policière est vivement critiquée. Fait rare, le préfet de police, Michel Delpuech, a éprouvé le besoin de s’expliquer mercredi matin au micro de France Inter. L’après-midi, c’était au tour du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, d’aller cette fois-ci sur les lieux des dégâts et de répondre aux interrogations de la presse. Paradoxalement, le dispositif de maintien de l’ordre déployé mardi répond pourtant à l’objectif développé depuis des décennies : repousser au maximum le contact avec les manifestants et éviter d’avoir à répondre d’un blessé grave ou d’un mort. Une doctrine de nombreuses fois mise à mal ces dernières années.

Décembre 1986. Malik Oussekine meurt sous les coups des policiers aux abords d’une manifestation contre la loi Devaquet. Le ministre de l’Enseignement supérieur démissionne, la réforme est abandonnée, l’émoi est national. L’événement reste dans les mémoires de la hiérarchie policière et, dans les années suivantes, les stratégies de maintien de l’ordre vont évoluer. Des postures policières de plus en plus défensives sont adoptées : plutôt que de charger tout de suite les manifestants pour les disperser, les policiers ont désormais comme objectif de contenir les violences le plus longtemps possible.

«Nébuleuse»

Ce 1er Mai, la préfecture a été confrontée à un imposant «cortège de tête». Depuis les défilés de 2016 contre la loi Travail, des militants ont pris pour habitude de se retrouver à l’avant de la manifestation syndicale traditionnelle. En termes policiers, on parle de «nébuleuse», évaluée mardi, à près de 15 000 personnes. S’y mélangent des manifestants sans étiquette plus ou moins radicaux, des syndicalistes qui soutiennent les affrontements sans forcément y prendre part, et de simples curieux. Un véritable enfer pour des policiers chargés du maintien de l’ordre.

Pour gérer ce groupe de manifestants, la préfecture de police avait choisi, lors de la mobilisation de 2016 contre la loi Travail, une tactique à l’opposé de la doctrine d’évitement développée depuis plus de trente ans. Les forces de l’ordre encadraient alors le cortège le plus radical de près. Les boucliers des policiers et gendarmes étaient parfois collés aux manifestants. Les affrontements commençaient souvent dès les premiers mètres du parcours. Et à chaque fois, de très nombreux blessés étaient comptabilisés en fin de journée.

Cette stratégie a finalement été abandonnée par la préfecture depuis l’arrivée à sa tête, de Michel Delpuech en avril 2017. Mardi, les forces de l’ordre étaient donc positionnées loin des manifestants et avaient reçu l’ordre de n’intervenir qu’après les premières dégradations, notamment avec des camions équipés de canons à eau. A l’arrière, le cortège syndical a été détourné pour éviter la zone d’affrontements. Avec un résultat probant : seulement quelques blessés légers. Mais un corollaire visiblement compliqué à assumer politiquement : 6 véhicules incendiés et 31 commerces dégradés. La préfecture préfère retenir comme étalon les 283 interpellations et les 109 personnes placées en garde à vue.

Fin de l’état d’urgence

Autre différence avec 2016, la préfecture ne peut plus s’appuyer sur les dispositions de l’état d’urgence (qui a pris fin en novembre 2017) pour délivrer des interdictions de défiler et organiser et un filtrage des manifestants en amont avec une fouille des sacs. Des méthodes qui avaient été vivement critiquées par les associations de défense des libertés publiques.

Ismaël Halissat

Sorgente: En manif, les forces de l’ordre repliées en défense – Libération

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