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Macron, toujours la même chanson – Libération

Invité du journal de 13 heures sur TF1 jeudi, le chef de l’Etat a maintenu sans ciller le cap des réformes. Même s’il a tenté de contrecarrer l’image d’un président des riches, il a réaffirmé sa stratégie des «premiers de cordée».

(Photo: Au Centre, un café d’Entraygues-sur-Truyère (Aveyron), jeudi, pendant l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1. Photo Balint Porneczi pour Libération.)

Il ne lâche rien. Dans ce qu’il nomme «la refondation» de la «maison France», Emmanuel Macron n’envisage rien d’autre que d’aller «jusqu’au bout» : c’est le principal enseignement de l’entretien accordé par celui-ci au journal de 13 heures de TF1, jeudi. Dans une salle de classe de Berd’huis, petit village de l’Orne, Macron a fait face jeudi à un Jean-Pierre Pernaut souriant, patelin et sans doute reconnaissant. Pour sa troisième interview télévisée, il avait tenu à être interrogé par le populaire présentateur, dans ce rendez-vous plébiscité par les retraités et les habitants de la France rurale – catégories auprès desquelles il a sévèrement décroché dans les sondages.

Auprès de ces derniers et des autres, le chef de l’Etat veut bien s’expliquer, mais surtout ne pas transiger. Il ne reculera donc ni sur la réforme de la SNCF, ni sur «l’effort» demandé aux retraités, ni sur ses cadeaux aux plus fortunés, ni même sur la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. Se disant peu sensible aux mouvements de «l’opinion», le jeune président n’a pas cillé devant le portrait contrasté que lui a renvoyé, en début d’émission, un panel de Français : «jeune» et «courageux» pour les uns, il est, pour les autres, trop peu «social» et même «un peu président des riches». «Les riches n’ont pas besoin de président, ils se débrouillent très bien tous seuls», a contesté Macron.

«La vitesse de la corde»

Premier de ses chantiers : sa réforme du système éducatif, de la maternelle jusqu’à l’université – du «jamais-vu depuis Jules Ferry»,selon son promoteur. Pour le reste, il soutient avec une inaltérable assurance que la politique qu’il conduit est la seule capable de produire plus de justice, car «on n’est pas juste quand on empêche de réussir».Aucun doute donc : après avoir «fait fuir pendant trente ans ceux qui réussissent», la suppression de l’ISF devrait contribuer à créer des emplois en France. Sollicité par Pernaut, Macron n’a pas craint d’alourdir la célèbre métaphore des «premiers de cordée» : «Si on est tous au même niveau, la cordée tombe. D’autres pensent que, pour que la cordée tienne, il suffit que le premier galope. Non : la cordée, elle n’avance qu’à la vitesse de la corde.»

Face à des trains qui, eux, n’avancent guère depuis dix jours, le chef de l’Etat n’a rien renié de la fermeté affichée par son Premier ministre. S’exprimant publiquement pour la première fois sur ce sujet, Emmanuel Macron a surjoué l’indifférence face aux péripéties de court terme. Devant les «craintes illégitimes» qu’il décèle chez les syndicats, il a promis que l’entreprise resterait publique. Mais n’a rien concédé aux grévistes, pas plus qu’il n’a dévoilé les intentions de l’Etat s’agissant de la dette de la SNCF. Celle-ci sera «pour partie» et «progressivement reprise», a-t-il simplement déclaré. Le chef de l’Etat a en revanche tenté de corriger le discours initial de sa majorité, parfois agressive envers les cheminots et de leurs supposés«privilèges» «On fait tous des erreurs dans la vie, il y a parfois eu des facilités en opposant» ces derniers au reste des travailleurs, a-t-il admis.

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Macron ne pouvait évidemment pas faire l’impasse sur deux autres sujets récurrents de la grand-messe de Pernaut : la grogne des retraités touchés par la hausse de la CSG et la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. Sur le premier point, il a choisi d’assumer clairement «l’effort demandé», sans trop insister – comme ont coutume de le faire ses ministres – sur les compensations que les retraités peuvent attendre de la baisse progressive de la taxe d’habitation à partir de l’automne 2018. «Je ne vais pas mentir, je demande un effort», a lâché Macron. Dans la foulée, le Président les en remercie et les encourage même, «ce malentendu» étant levé, à s’engager comme bénévoles dans les programmes d’aide aux devoirs. Revenir sur la «technocratique»limitation à 80 km/h ? Pas maintenant, a répondu Macron, évoquant les nombreux morts des dernières années sur la route toute proche, reliant L’Aigle à Argentan.

Des cordons bien serrés

Même fermeté s’agissant d’une croissance retrouvée, dont le député Joël Giraud (LREM) souhaiterait redistribuer une partie des fruits. Un débat tué dans l’œuf par le Président, partisan d’un effort prolongé en matière de finances publiques : «On est au-dessus de 95 % de dette», a-t-il souligné, moquant «la fameuse péripétie de la cagnotte» : «Si on a de l’argent en plus, je préfère l’investir […]. On ne peut se payer que ce qu’on produit.» Preuve que les cordons de la bourse resteront serrés : même un retour de la «demi-part des veuves», mesure fiscale favorable aux aînés et évoquée dans la majorité, n’est pas à l’ordre du jour.

Interrogé sur la Syrie, le chef de l’Etat n’a en revanche rien laissé percer de ses intentions, même s’il a assuré détenir «la preuve» d’une utilisation des armes chimiques par Bachar al-Assad. Il est cependant resté évasif quant à une possible riposte française : «Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu», a-t-il expliqué, tout en refusant par avance toute «escalade» dans la région. Sur la crise syrienne, comme sur d’autres sujets laissés de côté jeudi sur TF1 (immigration, réforme constitutionnelle), il devrait y revenir dimanche, pour un autre rendez-vous probablement moins confortable, avec l’improbable duo Jean-Jacques Bourdin de RMC et Edwy Plenel de Médiapart.

Alain Auffray Dominique Albertini

Sorgente: Macron, toujours la même chanson – Libération

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