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A Notre-Dame-des-Landes, tension maximale avant les manifestations du week-end – Libération

Alors que se préparent une manifestation samedi à Nantes, et un grand rassemblement dimanche dans la ZAD, ce week-end s’annonce décisif dans le rapport de forces établi avec le gouvernement.

La tension est encore montée d’un cran, ce vendredi, sur la «zone à défendre» de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Alors que les expulsions ont pourtant pris fin «pour l’instant», a annoncé dans la matinée la préfète, un dispositif «très important» de forces de l’ordre a été déployé dès 6h30 autour de plusieurs «lieux de vie» de la ZAD pour procéder à des perquisitions et des interpellations, rapportent les zadistes. La cause ? Le tir d’une fusée antigrêle en direction de l’hélicoptère de la gendarmerie, qui était alors en vol stationnaire au-dessus de la zone. «Au moins trois personnes» ont été arrêtées, selon eux.

Ce regain de tension fait donc craindre le pire pour la manifestation prévue samedi à Nantes dont le centre-ville a déjà été le théâtre de nombreux débordements ces dernières années dans des circonstances similaires. D’autant qu’en visite surprise au QG des gendarmes vendredi avec Gérard Collomb, Edouard Philippe n’a pas franchement joué l’apaisement. S’il a déclaré que le gouvernement continuerait à tendre la main aux zadistes qui acceptent d’entrer «dans le processus de régularisation» et qui ont «une dizaine de jours» pour le faire, il a prévenu que «l’Etat n’acceptera pas la réoccupation des sites évacués».

Un dispositif policier «conséquent» a d’ores et déjà été prévu pour sécuriser les commerces et les équipements urbains, a annoncé vendredi la préfète de la Loire-Atlantique lors d’une conférence de presse. Nicole Klein n’a en revanche pas interdit le rassemblement prévu dimanche, cette fois-ci sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. «Mais je souhaite que ce rassemblement se passe dans un endroit où il n’y ait pas de gravats, où il n’y a pas eu de démolitions», a déclaré la préfète, qui s’en remet donc à «la sagesse» des organisateurs. La participation sera scrutée de près : en novembre 2012, lors d’une première «manifestation de réoccupation» des terres de la ZAD après l’opération César, le mouvement anti-aéroport avait ainsi rassemblé «40 000 personnes», selon l’Acipa, l’une de ses principales composantes.

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«Sans droit ni titre»

Un mouvement qui a été ressoudé cette semaine par la démolition controversée des «100 Noms», une «ferme en devenir» qui avait vocation à être régularisée, selon les zadistes. La juge des référés du tribunal de grande instance (TGI) de Nantes a toutefois rejeté, ce vendredi, la requête qui avait été déposée par l’un de ses habitants : en cinq ans, Cédric Dussart et ses «co-habitants» n’avaient pourtant jamais pu se procurer les décisions de justice servant de base légale à leur expulsion, ce qui les avait empêchés de facto de la contester en justice. Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale du groupe Vinci concessionnaire du projet d’aéroport, avait en effet toujours soutenu que ces «ordonnances sur requête» n’avaient jamais existé.

«Si la société Aéroports du Grand Ouest a pu tromper le juge des référés en soutenant à l’audience […] que l’existence d’une ordonnance sur requête d’expulsion de M. Dussart n’était nullement établie […], cette déloyauté n’entache pas la régularité de la procédure d’exécution forcée de l’ordonnance sur requête», écrit la juge des référés dans son jugement. «En l’espèce, M. Dussart ne pouvait ignorer qu’il occupait des parcelles sans droit ni titre, et ce depuis plusieurs années, poursuit-elle.Si le projet d’aéroport a bien été abandonné, il est resté sur des parcelles qui ne lui appartiennent toujours pas.»

«Réponses adéquates»

D’un strict point de vue stratégique, la préfète de la Loire-Atlantique, elle, n’en démord pas : la démolition des «100 Noms» n’était ni «une bavure», ni «une erreur d’appréciation». Elle maintient que ses occupants – des ingénieurs agronomes ou forestiers, pour certains – n’ont déposé aucun «dossier de projet agricole individuel» au terme de la trêve hivernale. En outre, leurs parcelles n’étaient «pas très loin» de la D281, la fameuse «route des chicanes», dont le contrôle a été érigé en «priorité» par l’Etat. «Pourquoi ne déclareraient-ils pas leur ferme, alors que tout le monde ailleurs déclare son projet agricole ? Pourquoi accepter qu’il y ait un statut particulier ? Il ne peut pas y avoir une vie sans permis de construire, sans autorisation», martèle Nicole Klein.

Les vingt-neuf «squats» démolis cette semaine sont aussi un «message politique» envoyé aux zadistes avant la «nouvelle phase» de «dialogue»qui s’ouvre, convient sans détours la préfète. En clair, si aucun terrain d’entente n’était trouvé, les autres «habitats précaires» – et plus seulement ceux situés près de la D281 – pourraient être détruits à leur tour. Une façon, en quelque sorte, d’orienter la «discussion»… Pas sûr, toutefois, qu’il y ait grand monde autour de la table. «Les assemblées des usages […] prendront le temps de déterminer en temps et en heure quelles sont les réponses adéquates à donner aux injonctions actuelles de la préfecture, répondent ce vendredi les zadistes dans un communiqué. Ce dont nous sommes certains, c’est qu’il ne sera pas possible de penser sereinement à la suite tant que la ZAD sera ciblée par ce type d’actions policières.»

Guillaume Frouin envoyé spécial à Notre-Dame-des-Landes

Sorgente: A Notre-Dame-des-Landes, tension maximale avant les manifestations du week-end – Libération

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