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Des visages et des virages – Culture / Next

En blouson noir ou torse nu, en costume de cow-boy ou de hippie, le dinosaure de la variété a toujours su se faire caméléon afin de coller à l’ère du temps.

«Histoires d’homme» : c’est ainsi que s’intitulait la section consacrée à Johnny Hallyday, lors de l’exposition Total Records, présentée à Arles en juillet 2015 (et à laquelle l’auteur de ces lignes a contribué). Il s’agissait d’interroger, à la lecture de quelques pochettes de disque, la représentation dans l’imaginaire français de cette personnalité hors norme, un personnage qui fait partie du paysage, comme on dit. Qu’on l’aime ou non, qu’on le veuille ou pas.

Blouson noir ou costard trois pièces, la vedette gauloise s’accorde avec les générations, en reflétant à chaque fois une image de son temps, puisant dans les tendances dominantes afin d’incarner quelque chose du mainstream d’une époque donnée : idole des jeunes, coiffé d’un béret militaire, rockeur rebelle, brushing épais, les traits burinés, torse nu pour Tes tendres années,enfoncé sous les pavés pour Flagrant délit, en tenue de cow-boy quand il s’agit de débarquer à Las Vegas, terre promise, entouré de motards aussi quand il se dit prêt A tout casser… Tel un caméléon, le dinosaure de la variété française aura constamment su adopter les codes de la mode, pour les adapter à son public. Autrement dit, sous ce prisme, plus qu’un artiste, on parlera de médium. Au sens de passeur.

Mutation

«Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?» A feuilleter les pochettes de disque, innombrables 45-tours compris, la phrase choc prend un tout autre écho : les portraits, souvent serrés, parfois plus ouverts, jalonnent sa carrière, attestant tout à la fois d’une mutation incessante du personnage et d’une constance dans le culte de sa personnalité ainsi projetée, pleine face.

Casqué, botté, limite post-hippie quand il s’éprend de San Francisco, les cheveux ras plus tard, et puis souvent avec une guitare (débranchée), instrument emblème du genre dont il s’est fait le chantre. La belle gueule du rock en version française aura multiplié les visages pour mieux composer son personnage. A chaque fois, en creux, on y devine les tendances du temps, qui passe certes, mais qui ne semble pas tant avoir de prise sur lui. Est-ce le cliché qui imprime le diapason ou est-ce le sujet qui donne le la ? La question demeure lorsqu’on met à plat le demi-siècle discographique de Johnny Hallyday, ainsi remis en perspective.

«Brassage»

De Jean-Marie Périer, le photographe de la génération yé-yé, à Jean-Baptiste Mondino, l’œil de la génération synthétique ; de Peter Lindbergh, éminent portraitiste du noir et blanc à Mathieu César, nouvelle coqueluche parisienne, ils seront nombreux à imprimer leur vision de l’iconique étoile de la France «popu», dont la cote d’estime remonta parmi les «élites» dès lors que fut immortalisé dans une pleine page du Monde un portrait, pour la postérité, de Gérard Rondeau. Même Anton Corbijn, l’enlumineur postpunk de Joy Division, Nick Cave et Bruce Springsteen, s’y colla pour l’album Rough Town.

«Chaque époque a son disque. Mais au-delà, c’est l’image qui restera. Johnny, c’est autant une image que de la musique. Inutile d’être fan pour l’avoir écouté. Une icône dépasse tous les clivages. C’est très rare, en fait. Il a toujours fait ce qu’il voulait : il renvoie une certaine image de la liberté, tout simplement. C’est pour cela que tous s’identifient, de toutes générations. Il suffit d’avoir vécu un concert pour constater le brassage», insiste Antoine de Beaupré, à l’initiative de l’exposition Total Records, qui vient de publier Chronique d’un concert. En fait le regard photographique d’Ezra Petronio, créateur du magazine Self Service et figure de la mode «made in Paris», qui a suivi la bête dans l’intimité de ses tournées. Cette fois, avec beaucoup de Polaroïd. Parfaitement raccord avec l’ère postvintage.

Jacques Denis

Sorgente: Des visages et des virages – Culture / Next

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