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«Succès» de la manif : pourquoi «Libé» persiste – Libération

 

 

Imaginons un homme ou une femme qui revient en France après de longues années d’absence. Mercredi matin au petit-déjeuner, pour se reconnecter avec un pays qu’il a perdu de vue, il décide de lire la presse. Toute la presse. Notre voyageur veut savoir si les manifestations de la veille, qui ont réuni 223 000 personnes selon la police, ont été importantes. Et si la CGT a remporté son pari. A la fin de sa lecture, il a très mal à la tête. Car totalement incapable de se faire une opinion. Pour la presse de gauche (Mediapart, Libération, l’Humanité), ce défilé a été un «succès». Pour la presse de droite (le Figaro, l’Opinion, les Echos), un échec. Et pour le Parisien, c’est Macron qui «a gagné la première manche». Curieux pays tout de même, se dit-il. Ainsi les journalistes français, censés apporter à leurs lecteurs une information si ce n’est objective du moins honnête, seraient incapables de compter avec leurs doigts. Après tout, c’est simple à évaluer une manif : il suffit de compter les gens.

Pourtant, c’est là que les difficultés commencent. A partir de quand peut-on écrire qu’une manifestation a été importante ? Passons vite sur le débat de savoir s’il faut retenir les chiffres police ou syndicats. A Libération il a été tranché en 2015, dans la foulée d’un rapport, écrit par des personnalités indépendantes, qui concluait à l’honnêteté des chiffres de la préfecture de police. En 2016 donc, le premier défilé contre la loi El Khomri, le 9 mars, avait réuni 224 000 personnes. Le second, trois semaines plus tard, 390 000. Le mouvement avait ensuite lentement mais sûrement décliné. Pour évaluer la mobilisation de mardi, Libération a justement pris comme référence la première journée contre la loi El Khomri. Avec un sous-entendu : atteindre ce plancher sera un petit succès à mettre au crédit de la CGT. Pourquoi ? Pour deux raisons presque évidentes, qu’un esprit raisonnable aurait du mal à contester. D’abord, il y a quatre mois, Macron a été élu Président avec un projet d’ordonnances pour réformer le code du travail en profondeur. Difficile donc de contester la légitimité démocratique de la démarche gouvernementale. C’est la grande différence avec 2016. Et c’est un ressort qui a été intégré par beaucoup de Français : pourquoi aller s’opposer à un texte porté par un gouvernement que la majorité des Français (à la présidentielle puis aux législatives) a adoubé ? La deuxième raison n’est pas moins importante : cette fois, la CGT était la seule des grandes confédérations à appeler à manifester. Le 9 mars 2016, FO et la CGT étaient main dans la main. La CFDT, qui n’avait pas appelé à défiler, était malgré tout vent debout contre la première version du texte de la ministre socialiste. En clair, la partie n’était pas simple cette semaine, pour la CGT. Le vrai risque était plutôt qu’elle peine à dépasser les 100 000 manifestants. Voilà pourquoi, pour Libé, cette journée a bien été un «succès» pour la CGT, sans pour autant être une menace pour le gouvernement. Mais pour le Figaro, rien de tout cela. Le journal titre «La CGT piétine, le gouvernement avance». Et écrit : «Un échec, ni plus ni moins. C’est le résultat, cinglant mais implacable, que les observateurs objectifs peuvent faire après cette première journée de mobilisation.» Pour le Parisien, si Macron a gagné «la première manche», c’est d’abord le résultat «d’un jeu d’images» qui a opposé ce mardi un «président qui s’active à Saint-Martin», face à «des opposants en grève».

Sorgente: «Succès» de la manif : pourquoi «Libé» persiste – Libération

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