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Réforme du code du travail: 60% des Français craignent une hausse de la précarité des salariés – Libération

Sondage ViaVoice : l’image du gouvernement (infographie BiG) BiG

liberation.fr – Réforme du code du travail: 60% des Français craignent une hausse de la précarité des salariés. Selon un sondage Viavoice pour «Libération», 53 % des Français estiment que la politique de l’exécutif bénéficie aux plus aisés. Néanmoins le soutien aux manifs à venir reste minoritaire. Par Luc Peillon , Lilian Alemagna et BIG

Les premières limites du «en même temps». Après un été où le chef de l’Etat a connu une chute historique dans les enquêtes d’opinion, les Français jugent sévèrement les premiers pas de la présidence Macron. Sur la forme mais aussi sur le fond de sa politique économique et sociale.

Selon notre sondage Viavoice, le gouvernement va devoir, à dix jours de la présentation de ses choix budgétaires pour le quinquennat, et alors que le bras de fer dans la rue sur le code du travail ne fait que commencer (lire ci-contre), cravacher pour expliquer que sa politique s’adresse «à tous les Français».

Certes, les personnes interrogées sont très partagées sur les soutiens aux manifestations, mais les erreurs de l’été ont infusé. Résultat, souligne Aurélien Preud’homme, directeur des études politiques à Viavoice : la «politique économique [est] perçue comme essentiellement à destination des plus aisés» et la «réforme du droit du travail […] comme favorisant les licenciements et la précarité». Une étude pas vraiment rassurante pour l’exécutif.

Sondage ViaVoice : le code du travail (infographie BiG)

Une Réforme qui ne convainc pas

Rare concession faite par les Français au gouvernement dans son argumentaire sur la refonte du code du travail : «le droit du travail a un impact négatif sur l’emploi», estiment 58 % des sondés. Et encore, ce chiffre est en baisse de cinq points depuis septembre 2015. Pour le reste, le sentiment sur ce texte phare du début de quinquennat est plutôt négatif.

Non, les ordonnances Pénicaud «n’aideront pas les grandes entreprises à créer des emplois», estiment la moitié des personnes interrogées, contre 37 % qui pensent l’inverse. Pour 52 % des sondés, elles ne favoriseront pas, non plus, le dialogue social (contre 36 % de oui).

Plus des deux tiers (68 %) estiment en revanche que la réforme favorisera les licenciements, et 65 % considèrent qu’elle affaiblira le rôle des syndicats. Pour 60 % des sondés, la réforme du code du travail va «accroître la précarité des salariés».

Seul effet éventuellement bénéfique, pour une petite majorité des Français (45 %) : les ordonnances aideront les TPE/PME à créer des emplois (41 % pensent le contraire).

foto Agir pour un futur meilleur – Le baromètre politique Viavoice pour Libération

Un défaut d’adhésion inquiétant pour le gouvernement, alors même que les Français, à 55 %, jugent aujourd’hui le droit du travail «pas assez protecteur». Un pourcentage en progression de sept points en deux ans.

Entre-temps, la loi El Khomri est passée par là, accentuant sans doute le sentiment que la législation a déjà été assouplie en faveur des entreprises.

«Pour les députés En marche, l’objectif des ordonnances – efficacité économique et simplification du droit du travail – est atteint. Un fantasme des DRH se réalise, constate Jacques Maire, député LREM. Mais on ne peut pas en rester là : il faut parler aux deux France et engager un dialogue avec le monde du salariat.»

Pour l’exécutif, le prix à payer de la réforme

Soutien limité au mouvement social

Pas vraiment convaincues par les ordonnances Pénicaud, les personnes interrogées ne sont pas pour autant prêtes à signer un chèque en blanc aux opposants à la réforme.

Certes, un gros tiers (34 %) d’entre elles soutient la prochaine journée de mobilisation, jeudi, à l’appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU, mais elles sont presque autant (31 %) à se dire «opposées».

Sondage ViaVoice : les manifestations (infographie BiG)

Un autre petit tiers (25 %) déclare pour sa part ne pas s’en «préoccuper». Assez logiquement, les sympathisants de gauche sont les plus nombreux (55 %) à soutenir le mouvement, suivis des proches du Front national (47 %), tandis que ceux du centre (52 %) et de la droite (47 %) se déclarent opposés.

Les Français sont moins nombreux à en pincer pour le rassemblement de La France insoumise, organisé à Paris deux jours tard : 30 % le soutiennent, 30 % y sont opposés, et 30 % ne s’en préoccupent pas. Une différence de soutien qui s’explique par la légitimité plus grande accordée à la CGT (36 % des sondés) plutôt qu’à La France insoumise (15 %) pour lutter contre les ordonnances.

Dans la concurrence larvée qu’a semblé entretenir Jean-Luc Mélenchon avec la centrale de Montreuil pour le leadership de l’opposition sur ces sujets, les Français semblent avoir tranché. Tout en notant cependant, à 63 %, que les syndicats ne «se montrent pas très unis contre la politique du gouvernement».

Une politique économique de droite

Les ministres ont beau répéter qu’ils ne mènent «pas une politique pour les plus riches», les personnes interrogées pensent très majoritairement le contraire : à 53 %, ils estiment que «la politique économique du président de la République et du gouvernement vise à aider en priorité les catégories les plus aisés».

Loin devant «tous les Français» (13 %), «les classes moyennes» (12 %) puis «les catégories populaires» (11 %). Une perception qui rejoint l’image de «Macron, président des riches», rendue crédible par une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) de juillet.

Cette dernière rapportait que près de la moitié des baisses d’impôts promises sur le quinquennat bénéficieront aux 10 % les plus riches. «Il faut faire l’effort de présenter les choses dans leur globalité, défend Stanislas Guerini, député LREM de Paris.

Dès l’année prochaine, du pouvoir d’achat sera rendu aux Français.» Mais, pour l’instant, la suppression annoncée de cotisations sociales – pour compenser une hausse d’1,7 point de la CSG au 1er janvier – et celle de la taxe d’habitation étalée sur trois ans n’ont, semble-t-il, pas percé.

Cette dernière mesure est certes populaire (65 % y sont favorables) mais la baisse de 5 euros d’APL cet été (58 % d’opposition) et la réforme de l’ISF (56 % d’opposition) font figure d’épouvantail. Au final, la politique économique du gouvernement est jugée comme étant «de droite» par 43 % des interrogés et comme «équilibrée entre droite et gauche» pour 31 % des sondés.

Libération

Sorgente: Réforme du code du travail: 60% des Français craignent une hausse de la précarité des salariés – Libération

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