Pages Navigation Menu

il contenitore dell'informazione e della controinformazione

Le «Muslim Ban» fait son retour aux Etats-Unis dans une version plus limitée et plus floue – Libération

Pour les citoyens des six pays concernés, il faut désormais une «relation de bonne foi avec une personne ou une entité aux Etats-Unis» pour y entrer. Sans que cette «relation de bonne foi» soit précisée. Les opposants au décret veulent poursuivre la lutte.

Avec sa décision, lundi, d’examiner en audience à l’automne le «muslim ban» de Donald Trump, la Cour suprême l’a remis partiellement en application, dès ce jeudi. Avec un petit changement : le décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis aux habitants de six pays majoritairement musulmans (l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen) s’applique désormais à quiconque «n’ayant pas établi de relation de bonne foi avec une personne ou une entité aux Etats-Unis».

Mais comment définir cette «relation de bonne foi» ? Qui sera vraiment visé par cette nouvelle interdiction d’entrée aux Etats-Unis ? «Nous sommes inquiets de la façon avec laquelle cette nouvelle interdiction va être mise en place : tout est assez obscur», prévient Camille Mackler, avocate spécialisée dans le droit de l’immigration, et directrice juridique de la New York Immigration Coalition (NYIC), un regroupement de 200 organisations de défense des immigrants et des réfugiés. «En trois jours, les autorités ont dû décider de l’interprétation à donner à cette restriction, avec tout le chaos que ça pourrait engendrer. En théorie, cette nouvelle version devrait avoir des conséquences dans les consulats, au moment de la demande de visa, plutôt que dans les aéroports. Je dis bien en théorie, parce qu’il y a beaucoup d’inconnues.»

À LIRE AUSSI :Muslim Ban : «Ici, on s’inquiète pour tout le monde»

Interrogé à l’issue d’une conférence de presse organisée lundi à New York, Albert Cahn, son homologue au Council on American Islamic Relations, s’interroge : «Par exemple, on ne sait pas jusqu’à quel degré de proximité familiale cette relation de bonne foi fonctionne. Une belle-sœur ? Un cousin ? Et quand il s’agit d’une entité américaine, comme une université ou une entreprise, que se passe-t-il pour des étudiants, s’ils viennent pour une formation qui ne délivre pas de diplôme par exemple ? Ou pour un travailleur, s’il n’a pas de contrat à long-terme ?»

«48 Hours at JFK»

Avocats et membres de la New York Immigration Coalition ont, quoiqu’il arrive, prévu de se rendre à l’aéroport international de JFK dès ce jeudi matin pour apporter soutien et conseils légaux aux familles d’éventuels voyageurs bloqués. En janvier déjà, pour la première version de ce décret qui avait semé le chaos dans les aéroports du pays, la mobilisation y avait été massive. Signé dès les premiers jours de Donald Trump à la Maison Blanche, le décret interdisant l’entrée sur le sol américain des ressortissants de sept pays à majorité musulmane avait suscité un tollé mondial, des dizaines de milliers de personnes, même détentrices d’un visa, se voyant interdites de territoire américain au nom de la sécurité nationale.

Deux juges avaient ensuite suspendu ce décret. Mais en mars, Trump en avait signé une version amendée, qui excluait l’Irak de la liste des pays visés, ainsi que les détenteurs de visas ou de la carte verte. Cette version avait à son tour été suspendue par un juge, estimant qu’elle était discriminatoire envers les musulmans. «Il y a cinq mois exactement, des milliers de personnes ont manifesté dans tout le pays», rappelle Steven Choi, du NYIC, juste avant la projection, dans un cinéma de Brooklyn mercredi soir, de 48 Hours at JFK: What Now?, un court documentaire de témoignages qui retrace la mobilisation. «Beaucoup de gens ont senti qu’il y avait quelque chose d’injuste, d’immoral, qu’il fallait agir. Aujourd’hui, la lutte continue, avec la décision extrêmement décevante de la Cour suprême.»

Le documentaire, qui donne la parole à différents acteurs et victimes du décret de janvier, rappelle que des «milliers de vies ont été bouleversées» en conséquence. «Je me rappelle surtout de tous les gens qui pleuraient à l’aéroport», raconte, émue et dans un anglais encore hésitant, Ahed Festuk, invitée à participer à une table ronde après la projection. Cette réfugiée syrienne demandeuse d’asile s’était ruée à JFK pour servir d’interprète : «En cours, j’étudie les valeurs américaines, et clairement ce décret en est loin.» Nisrin Elahim, une étudiante soudanaise détenue et menottée de longues heures à l’aéroport, raconte, elle, s’être sentie «désorientée, humiliée et déshumanisée».

Victoire

Lundi, le président américain n’a pas manqué de célébrer la décision de la Cour suprême dans un communiqué : «Cette décision unanime de la Cour suprême est une nette victoire pour notre sécurité nationale […] En tant que président, je ne peux autoriser des gens qui nous veulent du mal à pénétrer dans notre pays.» Victoire relative, puisque cette nouvelle version de l’interdiction restreint le nombre de personnes potentiellement impactées. Mais victoire notable pour Donald Trump, puisque les plus hauts magistrats du pays lui offrent une chance d’emporter une victoire judiciaire finale, pour cette mesure emblématique de sa campagne et de son début de mandat.

Sorgente: (2) Le «Muslim Ban» fait son retour aux Etats-Unis dans une version plus limitée et plus floue – Libération

Spread the love
  •  
  •   
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
468 ad
< >

Leave a Comment

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *