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Paris 2024 : Comment décrocher les JO – Libération

Alors que le Comité international olympique amorce ce lundi une visite des installations de la capitale, passage en revue des actions à mener.

Spoiler : nul ne sait exactement sur quels critères s’obtiennent les Jeux olympiques. La France, qui postule pour les organiser en 2024, a néanmoins choisi de suivre certaines recommandations dans l’air du temps, comme la défense de l’environnement. Elle en a tiré une recette, qu’elle sera fière de présenter lundi et mardi aux membres du Comité international olympique (CIO), avant le vote décisif du 13 septembre à Lima (Pérou). La délégation visitera ainsi les installations sportives en Ile-de-France, une semaine après avoir inspecté les sites de Los Angeles, l’autre candidat pour les Jeux 2024.

Limiter les dépenses

Les JO laissent souvent une ardoise monstre : ils ont augmenté de 2 % à 3 % la dette extérieure de la Grèce après Athènes 2004, explosé les coûts à 16,5 milliards d’euros à Rio 2016, alors que des infrastructures sont déjà laissées à l’abandon, neuf mois plus tard. Sans parler des dérapages de Pékin 2008 (32 milliards de dépenses au lieu des 2,6 milliards prévus) ou de Sotchi en 2014 (37 milliards de coût global, mais il avait fallu agrandir l’aéroport et aménager le tout-à-l’égout). Seul Londres en 2012 affirme ne pas avoir perdu d’argent. Conscient de l’image dispendieuse et donc impopulaire des Jeux, le CIO a demandé aux candidats de la jouer discount. Los Angeles promet de s’en tenir à 4,9 milliards d’euros. Paris table sur 6,2 milliards, avec un coût limité pour le contribuable. Le CIO prendrait ainsi en charge 3,2 milliards. Le secteur privé participerait à hauteur de 1,5 milliard. L’Etat et les collectivités auraient 1,5 milliard à couvrir. Les pouvoirs publics soulignent que les investissements réalisés sont durables et nécessaires, comme le centre aquatique en Seine-Saint-Denis. Pour l’instant, impossible de trouver un vice majeur dans ce montage financier.

Faire profil bas

Fichue «arrogance française» ! On ne sait pas trop ce qui se cache derrière ce lieu commun, bien entretenu par certaines sphères d’influence, la Grande-Bretagne en tête. Peut-être la prétention de «l’exception culturelle» ? Toujours est-il que Paris 2024 le répète en boucle dans ses mémos : «Ne soyons pas arrogants.» La France s’est payé les services de Mike Lee, le spin-doctor de Londres 2012 et Rio 2016, mais aussi du Mondial de football 2022 controversé au Qatar. Cet Anglais a «globalisé» les thèmes de Paris 2024 et les a alignés sur ceux de Los Angeles : beaucoup d’écologie, la promesse de nouvelles technologies (à suivre, le match entre les start-up parisiennes et la Silicon Valley), des Jeux à «échelle humaine» et pas trop chers… Le tout, avec une parole médiatique très mesurée. Et un slogan en anglais, «Made for sharing». Qui, pas de bol, est aussi celui de Pizza Hut…

Servir les intérêts du CIO

C’est tout de même l’essentiel. Le Comité international olympique aime beaucoup l’argent et se nourrit de droits télé records et contrats de sponsoring léonins. Son fonds de réserve était ainsi estimé à plus de 800 millions d’euros en 2013. De nouveaux marchés s’ouvrent à lui comme le Moyen-Orient voire l’Afrique, avec des chaînes qui cassent le cochon en porcelaine pour diffuser les Jeux. Mais aucun pays de ces régions n’est candidat à une organisation. L’Asie peut, elle aussi, payer sans compter : à elle les Jeux d’hiver (Pyeongchang 2018, Pékin 2022) et d’été (Tokyo 2020). Reste un pays incontournable pour le CIO : les Etats-Unis. Six des treize sponsors principaux y siègent (contre un seul en France, le groupe Atos). En outre, la chaîne publique américaine NBC a déboursé 6,9 milliards de dollars, un montant imbattable. Enfin, les entreprises de la Silicon Valley liées à la candidature de Los Angeles proposent d’offrir leurs méthodes innovantes pour sublimer le spectacle des Jeux. Le CIO récompensera-t-il son meilleur partenaire en 2024 ?

Avoir les citoyens dans la poche

Le comité reste sous le choc des villes qui se sont retirées de la course : Madrid, Rome, Chicago, Hambourg, Budapest… A chaque fois, les autorités locales ont renoncé sous l’effet des enquêtes d’opinion ou des référendums. Paris et Los Angeles ne feront donc pas «l’erreur» de convoquer les citoyens aux urnes. Mais le CIO exige que les habitants d’un pays soutiennent le projet des Jeux (au moins les deux tiers). Il s’agit d’éviter les mouvements sociaux qui ont secoué le Brésil l’an passé. Miracle : en février, un sondage Odoxa-RTL donnait 69 % de Français favorables aux Jeux. La proportion s’élevait à 82 % chez les 15-25 ans, selon une étude en ligne d’Elabe réalisée pour le comité de candidature et publiée en mars. Coup de maître : Paris a signé un accord avec les cinq principaux syndicats. Le comité s’engage à appliquer «une exemplarité sociale». En échange, les centrales promettent de ne pas perturber avec des grèves.

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