La fusillade des Champs-Elysées est venue percuter l’émission présidentielle organisée par France 2. Ordre de passage oblige, le premier a en parler a été Emmanuel Macron.

Lequel a abandonné l’objet qu’il avait prévu d’apporter – un livre de grammaire – pour «rendre hommage» au policier décédé et en profite pour cocher la case régalienne : «Le premier devoir, la première mission du Président est de protéger», dit-il d’emblée. Peu après lui, Jean Lassalle annonce carrément le décès d’un deuxième policier, information ensuite démentie.

François Fillon est le dernier des 11 candidats à passer au moment où François Hollande s’exprime depuis l’Elysée : «La nation est solidaire avec les policiers, dit l’ex-Premier ministre.

La lutte contre le terrorisme doit être la priorité du prochain président de la République.» Et le candidat Les Républicains, qui évoque sans aucune prudence «d’autres événements d’en Paris», d’en profiter pour dérouler ses propositions comme la déchéance de nationalité pour les Français qui ont rejoint Daech en Syrie.

Vient alors la conclusion des onze candidats. Tiré au sort pour parler en premier, Jean-Luc Mélenchon s’improvise étonnamment porte-parole des dix autres: «Puisque j’ai cet avantage». Il fait part de sa «pensée», «au nom de tous ceux qui sont sur ce plateau et en coulisses», à l’égard du policier tué. «Pas de panique», dit-il visiblement ébranlé par l’événement.

Marqué par l’épisode Merah en 2012 – il n’avait pas stoppé sa campagne alors que d’autres candidats avaient observé une trêve – il demande à «ne pas interrompre le processus de notre démocratie» et appelle les Français à «rester unis».

Benoît Hamon y va aussi de son hommage : «Cet événement nous rappelle que nous sommes au cœur d’une crise», dit le socialiste qui appelle à «être implacable» avec les «forces» qui «s’en prennent à la démocratie» française. François Fillon lui zappe totalement sa conclusion prévue au départ et s’en tient à son appel à lutter contre le terrorisme.

Après avoir expliqué qu’il annulait ses déplacements prévus demain pour sa fin de campagne, il ouvre une première polémique en réclamant en direct la fin de la campagne électorale : «Il n’y a pas lieu de la poursuivre ce soir et demain.»

«Présider c’est protéger»

«Le meilleur hommage que l’on puisse leur rendre, c’est d’agir. Agir pour vaincre les barbares», rétorque de son côté Nicolas Dupont-Aignan. Nathalie Arthaud et Philippe Poutou se joignent aux hommages mais prennent leur distance avec les «politiques de guerre» menées par la France. Poutou réalisant au passage un parallèle osé entre un acte terroriste et «les salariés qui se suicident» sur leur lieu de travail…

Emmanuel Macron réalise lui aussi une conclusion centrée sur l’attaque des Champs-Élysées : «Notre pays est attaqué en son cœur par des terroristes, dit-il solennel, lui aussi visiblement ébranlé par l’attentat. Présider, c’est protéger […] Je veux vous protéger. J’y suis prêt.»

Tirée au sort pour passer en dernier, Marine Le Pen conclut cette drôle de soirée politique. L’organisation terroriste Etat islamique vient à peine de revendiquer l’attentat sur les Champs-Élysées qu’elle n’hésite pas à mettre en cause les services de l’Etat : «Tout n’est pas fait […] pour mettre nos compatriotes à l’abri, attaque la candidate d’extrême droite. Ils attendent autre chose de nous que de la compassion. Ils attendent des moyens.»

Le Pen fait part de sa «colère sourde». «Le cauchemar recommence une fois encore», dit-elle avant de réclamer un «plan d’attaque, clairement, contre le terrorisme islamique» et de dénoncer cette «idéologie qui pullule». «C’est fini le laxisme, c’est fini la naïveté», affirme-t-elle pour finir, laissant derrière elle trente secondes de temps de parole.

Attentat sur les Champs-Élysées : ce que l’on sait

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