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Jean-Luc Mélenchon, un silence écrasant – Libération

A l’inverse de 2002, le leader de La France insoumise a fait savoir qu’il ne donnerait aucune consigne de vote personnelle avant le second tour. Une position qui fragilise le front républicain. La décision du mouvement est, elle, désormais entre les mains de ses 450 000 adhérents.

Un sentiment étrange flotte sur la campagne : dimanche soir, le score (19,6 %) de Jean-Luc Mélenchon, malgré son ampleur, est (presque) passé au second plan. Son allocution a laissé place à la polémique et aux interrogations. Le candidat de La France insoumise n’a donné aucune consigne de vote pour le second tour de la présidentielle. L’homme qui combat, avec force, les idées du Front national depuis des lustres, a coupé le son. Pas un mot. Pas un signe de vie médiatique malgré les demandes et les reproches de la gauche. Ils pointent son «irresponsabilité». Sur le Net, des vidéos remontent de la cave pour mettre le tribun face à son silence. Elles datent de 2002, quand Jean-Marie Le Pen s’était hissé au second tour de la présidentielle au détriment de Lionel Jospin. On y voit Jean-Luc Mélenchon avec un chapeau dire avec philosophie : «Quelle conscience de gauche peut accepter de compter sur le voisin pour sauvegarder l’essentiel parce que l’effort lui paraît indigne de soi ? Ne pas faire son devoir républicain en raison de la nausée que nous donne le moyen d’action, c’est prendre un risque collectif sans commune mesure avec l’inconvénient individuel.»

Depuis, les temps ont changé : quinze ans plus tard, le député européen demande à «chacun de faire son devoir» sans en dire davantage. Il laisse le soin à ses militants, les 450 000 «insoumis», de prendre position sur la plateforme JLM 2017, via un vote. Trois choix sont proposés : vote blanc, abstention ou Macron. Réponse mardi, à la veille du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Sa manière à lui de rester au centre du jeu tout au long de la campagne.

«Pas une voix ne doit aller au Front national»

Mercredi matin, face aux critiques et aux regards, une partie de La France insoumise a (r)allumé la lumière. Une conférence de presse a été organisée au QG, près de Gare du Nord. Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon est absent. Une prise de parole est prévue la semaine prochaine. Le porte-parole Alexis Corbière est «bouillant». C’est lui qui le dit. A ses côtés, le directeur de campagne, Manuel Bompard, et Charlotte Girard, une des plumes du programme, sont beaucoup plus calmes dans l’attitude. Pas dans les mots. Ils répondent en chœur aux «attaques».

Derrière le micro, Alexis Corbière bouge et argumente à voix haute. L’impression d’assister à un meeting en petit comité. Le porte-parole revient sur son combat contre le Front national, des «heures de vol», des «semelles usées», dit-il. Selon lui, la seule force capable de tenir tête au FN, c’est La France insoumise. La «campagne le prouve». On sort les chiffres, notamment le score de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, une ville qui a vu, ces dernières années, prospérer le parti de Marine Le Pen. L’ex-socialiste est arrivé en tête devant l’extrême droite. Puis le porte-parole répète à plusieurs reprises, avec des grands gestes de la main : «Pas une voix ne doit aller au Front national.» On comprend entre lignes qu’il glissera un bulletin Macron dans l’urne.

Du coup, les questions tombent. Pourquoi cette consultation ? Pourquoi ce silence ? Manuel Bompard rappelle que le vote ne tombe pas du ciel. Son chef en parle depuis le lancement de la campagne – «une consultation sera ouverte aux militants en cas d’absence au second tour», peu importe le scénario. «Jean-Luc respecte les engagements qui ont été pris, il n’a rien trahi», souffle le directeur de campagne. Pour sa part, Charlotte Girard revient au point de départ et fait le «distinguo entre un mouvement et un parti politique traditionnel avec des cadres organisés, des représentants».

La position de Mélenchon agace les communistes

Le ton monte lorsque la question du «silence de Mélenchon» revient. Son équipe annonce qu’il ne donnera aucune consigne avant le second tour. Et qu’il faut faire «la différence entre un choix intime et un choix politique». Comprendre : le bulletin de Jean-Luc Melenchon (qui a obtenu près de 7 millions de voix au premier tour) ne regarde que lui. Cette position agace les communistes. La France insoumise s’en moque : elle reste dans son couloir. Manuel Bompard en a profité pour répondre au secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, qui souhaite une alliance avec La France insoumise aux législatives afin de surfer sur la dynamique. Tout le monde est le «bienvenu» à condition de respecter les règles : logo, programme et affiche identique dans toutes les circonscriptions. Pas sûr que cela suffise : le PCF ne souhaite pas laisser son identité sur le bord de la route. La possibilité de voir s’affronter des candidats «communistes» et «insoumis» est probable. «C’est fou, on risque de tout gâcher», a pesté, mercredi, un dirigeant de la place du Colonel-Fabien.

Le choix de Jean-Luc Mélenchon, celui de ne rien dire entre les deux tours, fait couler de l’encre et de la salive. Certains expliquent qu’il réagit mal car la défaite – malgré le bon score – est douloureuse. Alexis Corbière dément : «C’est une fausse petite musique. Il va très bien, c’est plus lui qui m’a réconforté que l’inverse.» D’autres avancent des raisons plus politiques. Selon un responsable socialiste, le leader de La France insoumise souhaite rester à l’écart «pour rompre avec la caste et démontrer qu’il n’est pas de ce monde». Du genre, choisir, c’est appartenir au système. Et Mélenchon ne veut pas se voir reprocher dans les mois à venir d’avoir «appelé à voter» pour Emmanuel Macron. Le dirigeant socialiste ajoute : «Il sait très bien qu’il perd des gens qui ont voté pour lui, mais aux yeux des siens, il reste pur.»

En attendant, depuis dimanche, les cadres du FN draguent ouvertement les «insoumis». Même Jean-Marie Le Pen a salué une position «très digne» et «correcte». Pire, des tracts circulent sur Internet avec une formule qui reprend le titre du programme de Jean-Luc Mélenchon : «L’avenir en commun, c’est aussi avec Marine.»

Sorgente: Jean-Luc Mélenchon, un silence écrasant – Libération

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