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Virus, les hôpitaux grippés – Libération

«Libération» a eu accès à des échanges de mails entre les Samu de plusieurs régions, montrant à quel point l’épidémie, précoce, bouscule le fonctionnement des urgences.

Situation tendue. «Le pic devrait être atteint la semaine prochaine», a lâché ce mercredi François Bourdillon, directeur de l’agence Santé publique France, en charge des politiques de prévention. «Les services d’urgence sont particulièrement sollicités, aux limites de leurs capacités… Les remontées dont je dispose aujourd’hui font état d’une situation préoccupante», a souligné pour sa part la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Bref, ça tangue. Même si chaque année, en hiver, les urgences hospitalières traversent des moments difficiles, en ce début janvier, la tension est à l’évidence palpable, comme le montrent les échanges de mails, ces derniers jours, entre les différents Samu de France. Des échanges directs auxquels Libération a eu accès et qui donnent une version brute de ce qui se passe.

«Saturés»

Ainsi, pour le CHU de Nice : «Saturation des urgences. Actuellement 265 passages par jour depuis quinze jours pour une moyenne annuelle de 250 mais surtout 26 % de patients de plus de 75 ans et nécessité de trouver 60 lits par jour. L’hôpital est saturé.» En Normandie, même description : «CHU Rouen mardi soir : 110 patients sont présents dans les urgences adultes hier à 18 h 30 pour la transmission, dont 30 sont en attente de lit d’hospitalisation. Le plan de mise sous tension (1) de l’hôpital a été déclenché depuis le 12 décembre. Et les patients continuent à rentrer… Mais, se rassure le Samu de Rouen, c’est pire outre-Manche.»

A Grenoble, le Samu a ressenti les premières difficultés «il y a au moins six semaines», avec non pas une explosion forte de l’activité mais «un constat d’augmentation du nombre de patients âgés, voire très âgés hospitalisés». «Nous avons alerté et notre direction est plutôt à l’écoute.» En Gironde, «plusieurs déclarations d’hôpital en tension sur l’ensemble du département, sur la métropole de Bordeaux […] mais pas uniquement. D’autres services d’urgences sont saturés. Il y a des difficultés importantes de régulation. L’alerte a été transmise à l’ARS [Agence régionale de santé, ndlr]. Ce [mardi] soir, une cellule de crise a été ouverte».

Manque de lits

A Montélimar (Drôme), le contexte est manifestement très difficile : «Situation dégradée depuis plus de trois semaines sans aucune réaction de notre direction en dépit de mises en garde répétées de ma part. L’établissement est saturé en ce qui concerne les lits de médecine. Il n’y a jamais de lits réservés pour les hospitalisations non programmées… C’est seulement mardi soir, après un affrontement oral plus que violent de ma part, que la décision a été prise d’ouvrir six lits supplémentaires avec rappel de personnels pour cette nuit. Mais aucun renfort aux urgences, pas de décision officielle d’établissement, pas d’ouverture officielle de cette unité pour les prochains jours. En résumé, écrit cette responsable du Samu, nous ne sommes pas capables de gérer une simple grippe hivernale.»

Ces mails montrent que l’épisode précoce de grippe a fait déborder bon nombre d’établissements. D’autant qu’il s’inscrit dans un contexte de double tension : d’un côté la grippe provoque une forte augmentation de passages aux urgences, nécessitant un personnel accru, et de l’autre, il y a cette difficulté récurrente pour trouver des lits en sus afin d’hospitaliser ceux qui en ont besoin. «Cette épidémie, avec le virus H3N2, conduit à hospitaliser un nombre important de personnes âgées, d’où les grandes difficultés que nous affrontons actuellement», constate ainsi un médecin urgentiste.

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A Paris, vu le grand nombre d’hôpitaux et de services d’urgences, la situation semble plutôt correcte. «Mardi, nous avons reçu des ordres de déprogrammation d’interventions pour libérer des lits», explique néanmoins à Libération un chef de service de l’hôpital Pompidou. «Huit lits supplémentaires ont été dégagés pour la gériatrie en les prenant au service d’ORL. De même des chambres où il y avait un lit pour l’accompagnant ont été transformées en chambre pour deux patients. On se débrouille.»

«Surmortalité»

Tenir donc, encore quelques jours, voire une ou deux semaines, jusqu’à ce que l’épidémie redescende naturellement. Au final, au-delà des problèmes d’organisation, le bilan risque d’être relativement lourd. Ainsi, l’agence Santé publique France a déjà évoqué une «surmortalité» en cette période de l’année : «Au niveau national, la mortalité sur la semaine 51 [du 19 au 25 décembre 2016, ndlr] est en hausse, tous âges confondus et plus particulièrement chez les personnes âgées. Sur la semaine 52 [du 26 décembre au 1er janvier], 1 612 décès [dus à la grippe] ont été enregistrés à partir de la certification électronique.» Faut-il rappeler qu’en 2015, une épidémie similaire avait entraîné «un excès de mortalité de 18 300» décès, concernant essentiellement les personnes âgées de plus de 65 ans. Preuve de la gravité de la situation, une réunion se tiendra ce jeudi à l’Elysée avec Marisol Touraine.

(1) Le plan «hôpital en tension» est mis en place pour dégager de nouveaux moyens.

Sorgente: Virus, les hôpitaux grippés – Libération

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