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Référendum en Italie : Renzi sur le fil du rasoir – Libération

Matteo Renzi joue son avenir personnel dans le scrutin de dimanche, pour ou contre sa réforme constitutionnelle. Le «non» est donné gagnant, mais le chef du gouvernement veut croire que le «oui» peut encor l’emporter.

«Il vaut mieux sucer un os qu’un bâton.» A la veille du référendum de dimanche sur la réforme constitutionnelle, c’est vraiment du bout des lèvres que l’ancien président du Conseil Romano Prodi a appuyé ce projet. «Les réformes n’ont pas la profondeur et la clarté nécessaires», a déploré l’ex-président de la Commission européenne, «mais au vu des possibles conséquences à l’extérieur, je me sens en devoir de rendre public mon “oui”.» Bien que tardif et conditionné, le soutien de la figure historique de la gauche réformiste italienne est arrivé à point nommé pour Matteo Renzi qui joue dans ce scrutin son avenir personnel. Les derniers sondages publiés donnaient le «non» gagnant avec plus de 7 points d’avance.

«Truie blessée». Formellement, les Italiens sont appelés à voter une modification visant à simplifier le processus législatif et à favoriser la stabilité gouvernementale. Au centre du projet : la limitation des pouvoirs du Sénat, qui sera réduit à 100 membres choisis parmi les conseillers régionaux. Surtout, la Chambre haute n’aura qu’une compétence législative restreinte et ne votera plus la confiance au gouvernement, sanctionnant la fin du bicamérisme parfait. Cette spécificité italienne avait été adoptée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale pour éviter, au sortir du fascisme, le retour d’un «pouvoir fort».

Mais selon Matteo Renzi, cet équilibre parfait a ralenti l’adoption des lois et, en raison de majorités parfois distinctes dans les deux chambres, favorisé une instabilité gouvernementale chronique : «Nous avons connu 63 gouvernements en soixante-dix ans.» Pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle Gustavo Zagrebelsky, la réforme présente le risque «d’une dérive oligarchique» : «Si le “oui” l’emporte, nous assisterons à une réduction de la démocratie et à la concentration des pouvoirs dans les mains de quelques-uns.»

Dans les faits, l’enjeu du scrutin de dimanche dépasse largement la seule question institutionnelle. Il y a quelques mois, lorsque le «oui» était donné largement en tête, le chef du gouvernement avait proclamé : «Si le “non” l’emporte, je démissionne et me retire de la vie politique.» Le référendum s’est ainsi transformé en rejet ou en plébiscite pour Matteo Renzi, lequel a concédé à la mi-août lorsque le vent a tourné : «Je n’aurais pas dû personnaliser autant la campagne.» Trop tard. Ses opposants se sont coalisés dans une bataille d’une extrême violence verbale. Beppe Grillo, le leader du Mouvement Cinq Etoiles qui reste, avec près de 30 % dans les sondages, le deuxième parti du pays, a notamment traité le chef du gouvernement de «truie blessée» et a appelé à le chasser du pouvoir : «Ne votez pas avec votre tête. L’esprit est stupide et le cerveau est faible. Faites confiance à vos tripes. Agissez par instinct et puis votez !»

«Ramassis». Pour séduire les eurosceptiques, Matteo Renzi n’a pas hésité à attaquer frontalement l’UE. Il a même retiré un temps le drapeau européen de son bureau pour se présenter entouré de six énormes bannières vert-blanc-rouge de l’Italie. Il a également fustigé le «ramassis» de ses opposants qui, pour des motivations diverses, se retrouvent dans une même campagne pour le «non». Du démocrate Massimo D’Alema à Silvio Berlusconi, de la gauche radicale à la xénophobe et europhobe Ligue du Nord jusqu’à l’ancien commissaire européen Mario Monti. Alors que la plupart des opposants stigmatisent la fin de l’élection des sénateurs, ce dernier a dénoncé «une opinion publique lubrifiée à coups de cadeaux fiscaux».

Pour séduire l’électorat, Matteo Renzi n’a pas lésiné sur les promesses, notamment en direction du Mezzogiorno où le «non» est largement donné en tête dans les sondages. Ou parmi les jeunes qui sont à près de 60 % opposés au projet de réforme. Par proximité avec le Mouvement Cinq Etoiles pour beaucoup d’entre eux, mais aussi par déception envers le jeune Premier ministre qui promettait il y a mille jours de «mettre à la casse» la vielle classe politique et de relancer le pays. Depuis son accession au Palais Chigi en février 2014, Renzi a multiplié les réformes – du marché du travail, de l’école, de l’administration ou de la justice civile -, s’attirant beaucoup de critiques et de ressentiment parmi les catégories concernées. Il a aussi distribué 80 euros aux Italiens les plus pauvres, consolidé le budget de la culture ou encore introduit l’union civile pour les couples homosexuels.

Bouc émissaire. Mais l’Italie n’est pas sortie du marasme et l’usure du pouvoir se ressent, même si Renzi conserve une popularité d’environ 35 %. La croissance économique plafonne à 0,8 % et le taux de chômage s’élève à 11,6 %, celui des jeunes à plus de 36 %. «Matteo Renzi risque de se transformer en bouc émissaire, considère le politologue Massimiliano Panarari. Le “non” devient la possibilité de rejeter sur une seule personne la responsabilité de tous les problèmes du pays».

«Tout va se jouer dans les derniers jours», assurait Renzi la semaine dernière. En attendant, la presse italienne commence à envisager quel responsable pourrait, en cas de victoire du «non», succéder à Renzi et former un nouveau gouvernement : le 64e depuis la guerre

Sorgente: Référendum en Italie : Renzi sur le fil du rasoir – Libération

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