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Paris passe en revue ses cybersoldats – Libération

liberation.fr – ArméeParis passe en revue ses cybersoldats.  A l’approche de l’élection présidentielle, la France redoute une tentative de déstabilisation russe et avertit déjà qu’elle n’hésitera pas à riposter en cas d’attaque. Par Pierre Alonso et Amaelle Guiton

Les mésaventures américaines sont scrutées de près de ce côté-ci de l’Atlantique à l’approche de deux rendez-vous électoraux : la présidentielle puis les législatives en France au printemps, puis le renouvellement du Bundestag en septembre. En novembre, le patron du renseignement allemand et la chancelière Merkel en personne ont dénoncé des «tentatives de déstabilisation», et des «attaques en ligne dont l’origine est russe».

Pour l’heure, Paris ne se fait pas aussi explicite s’agissant de la cybermenace venue de l’Est, même si l’activité des services russes est jugée «intense» en France, selon une source bien placée dans l’administration. «Les effectifs russes sont équivalents à ceux de la grande époque pré-Eltsine, les trois services de renseignement sont représentés», poursuit-elle.

Fancy Bear et Cozy Bear (lire pages III-IV), soupçonnés par l’entreprise de cybersécurité américaine Crowdstrike d’être liés respectivement au GRU et au FSB, le renseignement militaire et le contre-espionnage russes, ont été repérés dans l’Hexagone.

Leurs «signatures» sont régulièrement détectées par les «sondes» de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), déployées dans les ministères pour surveiller le trafic, a confirmé Guillaume Poupard, le directeur de l’agence qui n’attribue ces visites à aucun Etat. La tâche est particulièrement délicate en matière de cyberattaques, les pirates s’ingéniant à masquer leur identité, voire à laisser de faux indices.

Le piratage de la chaîne TV5 Monde avait ainsi été revendiqué par un mystérieux «CyberCaliphate» avant que l’enquête ne s’oriente vers Fancy Bear… Un opérationnel français résume l’équation d’une formule fleurie : «Le cyber, c’est pour les coups de pute.»

Doctrine

Depuis la primaire à droite, qui a ouvert le bal électoral de la saison française 2016-2017, le risque d’une ingérence extérieure est jugé sérieux. D’autant plus qu’un candidat à une élection et son entourage représentent des cibles de choix : moins protégés qu’un ministre ou président en exercice, ils finiront peut-être par accéder à de très hautes fonctions…

Le 26 octobre, les partis représentés au Parlement ont ainsi été conviés au Secrétariat de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui dépend de Matignon, pour un séminaire dédié à la cybersécurité – seul le FN n’a pas répondu à l’invitation. Une réunion «très pratico-pratique» qui a duré «une heure trente à deux heures», explique Bastien Hô, directeur technique de l’agence Nous, prestataire d’Europe Ecologie-les Verts.

Objectif : sensibiliser aux principaux risques, rappeler «les règles de sécurité élémentaires», recommander des audits. Suffisant ? Le directeur de l’Anssi s’est voulu rassurant : «Les gens que nous avons eus dans la salle ne nous ont pas paru naïfs.»

Les autorités françaises ne se préparent pas seulement à se protéger, elles pourraient aussi répliquer, et tiennent à le faire savoir. Mi-décembre, le ministre de la Défense l’a claironné lors de l’inauguration, à Bruz (Ille-et-Vilaine), des nouveaux locaux de la Direction générale de l’armement-maîtrise de l’information (DGA-MI), entre autres chargée de développer les outils de «lutte informatique» : «Si une attaque cyber s’apparente à un acte de guerre, notamment par la gravité de ses effets, une riposte adéquate s’imposera, au-delà même de la neutralisation des seules infrastructures impliquées, dans une logique cette fois de conflit ouvert.»

La doctrine n’est pas entièrement nouvelle. Depuis le «livre blanc» de la défense de 2008, la France revendique la possibilité de mener des opérations de «lutte informatique offensive». En 2013, la doctrine de réponse était précisée : en cas d’«agressions informatiques majeures», la France ne «s’interdit pas l’emploi gradué de moyens relevant du ministère de la Défense».

Dans son discours à Bruz, Jean-Yves Le Drian a prévenu que les difficultés liées à l’attribution des piratages ne suffiraient pas à éviter une riposte : «En cas d’attaque informatique transitant par des infrastructures ou par le territoire d’un Etat qui n’aurait pas empêché une [attaque], alors même qu’elle visait à commettre un acte internationalement illicite, la responsabilité de cet Etat pourrait être mise en jeu et justifier l’édiction de contre-mesures.»

«quatrième armée»

Au-delà de l’avertissement, Le Drian annonce une importante réforme des armées avec la création d’un commandement cyber, sorte de «quatrième armée» (après la terre, la marine et l’air), bien que l’expression ne soit pas assumée. «Ce “cybercom” disposera de capacités de défense et d’attaque pour planifier, préparer et conduire des opérations numériques», précise-t-on au cabinet du ministre. D’ici à 2019, 2 600 «combattants numériques» seront placés sous l’autorité du cybercommandeur, qui regardera droit vers l’Est.

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