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Jordanie : vers un retour des Frères musulmans dans les urnes – Libération

Les Jordaniens renouvellent leur Parlement ce mardi. Un scrutin dont le principal enjeu est le retour annoncé du parti islamiste comme principale force d’opposition.

Les trottoirs d’Amman sont impraticables en ces derniers jours de campagne électorale. Peu pratiques habituellement en raison de leur étroitesse et de leur hauteur, ils sont encombrés de panneaux accrochés aux poteaux et aux troncs d’arbre. Des portraits de candidats individuels ou par liste de 5 ou 7, tous ressemblants, tous souriants en costume-cravate s’affichent sans autre message que leur nom et leur visage. On compte aussi de 15% à 20% de candidates, bien coiffées et maquillées, rarement en hijab, comme 90% des femmes dans les rues de Jordanie. Mais malgré leur grande visibilité et une nouvelle transparence promise par une réforme du scrutin, les élections législatives de ce mardi ne mobilisent pas l’opinion ni les quelque 4 millions d’électeurs dans le royaume.

«Pas question d’aller voter. Pour aucun de ces types-là, affirme un chauffeur de taxi d’Amman en indiquant les panneaux. On m’a déjà eu deux fois, cette fois je ne donnerai pas ma voix, même si on veut me l’acheter.» L’homme raconte comment, lors de la dernière campagne, il avait rencontré un candidat en campagne dans son quartier qui lui avait donné son numéro de portable et son adresse en lui disant qu’il pouvait passer le voir quand il voudrait. «Une fois élu, il a fermé son portable pendant quatre ans [durée de la législature, ndlr] et quand je suis passé chez lui, son fils m’a dit : “Papa n’est pas là !”» Les candidats déploient des efforts considérables lors de la campagne pour motiver les électeurs. Pendant la semaine de l’Aid El Kebir à la veille du scrutin, certains chefs de tribus ont distribué des moutons dans leurs circonscriptions et organisé des méchouis géants dans leurs circonscriptions.

Une décennie de relations tendues

Pas moins de 1 250 candidats sur 226 listes se présentent pour occuper les 130 sièges du Parlement jordanien. Une quantité qui ne correspond pas à une diversité des programmes ou des partis dominés par les notables et les chefs de tribu, fidèles au pouvoir et au roi. Seule la participation des Frères musulmans, qui avaient boycotté les deux précédents scrutins en 2010 et 2013, suscite quelque curiosité, notamment parmi les observateurs étrangers. Evincée de la plupart des pays arabes après les révolutions de 2011, la confrérie fait son retour dans le jeu politique jordanien. Le test de popularité du mouvement intéresse au-delà du Royaume. Après une décennie de relations tendues avec le pouvoir et une interdiction formelle en tant qu’association, le parti islamiste pourrait animer l’opposition au Parlement. Il présente 120 candidats et pourrait gagner une vingtaine de sièges constituant le seul groupe d’opposition significatif. Il réclame notamment une réforme de la Constitution permettant la formation d’un gouvernement issu du Parlement alors que le roi reste libre de choisir son Premier ministre quels que soient les résultats des élections.

Les Frères musulmans, comme tous les autres partis, appellent surtout les électeurs sceptiques à participer au scrutin. Ils ciblent particulièrement les jeunes dans un pays où deux tiers de la population a moins de 30 ans et où le chômage touche 30% d’entre eux. Un sondage publié dimanche, à 48 heures du scrutin, indiquait que 47% des jeunes seulement comptaient se rendre aux urnes, tandis que plus de la moitié ne déchiffrait même pas les programmes des candidats, ni les différences entre eux. Un nouveau mouvement de jeunes démocrates s’est toutefois mobilisé pour encourager la participation au scrutin et rejeter le boycott préféré par la majorité. «Shaghaf» («passion») veut activer une démocratie parlementaire moderne en Jordanie en organisant notamment des débats entre les différents candidats. Ces étudiants et intellectuels minoritaires ont encore fort à faire pour convaincre leurs concitoyens sceptiques.

Le principal argument qui rassemble une grande majorité de Jordaniens en faveur de ces élections législatives a été la décision de rendre la journée de mardi fériée. Visant à favoriser la participation au scrutin, la mesure est plébiscitée d’avance.

Sorgente: Jordanie : vers un retour des Frères musulmans dans les urnes – Libération

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