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Classe politique : anarchy in the UK – Libération

Devant le parlement, en réaction au Brexit, le 25 juin Photo Immo Klink pour Libération

liberation.fr – Classe politique : anarchy in the UK. Encore sonnés par la portée de leur vote, les Britanniques ont des questions… sans réponse, puisque hérauts du Brexit, gouvernement et opposition se sont évaporés depuis vendredi. Par Sonia Delesalle-Stolper

Les vainqueurs ont disparu. L’ancien maire de Londres Boris Johnson, le ministre de la Justice, Michael Gove, et le chef de l’Ukip, Nigel Farage, sont aux abonnés absents depuis vendredi matin. Ils ont gagné, convaincu 51,9 % des Britanniques qu’un avenir radieux les attendaient hors de l’Union européenne, mais ils ne sont nulle part. Aucun d’entre eux n’est là pour répondre aux questions légitimes que se pose le pays après ce vote historique. Peut-être parce qu’ils n’ont pas vraiment de réponses, ni même de plans sur la marche à suivre ?

Le gouvernement britannique s’est également évaporé. Depuis l’annonce de sa démission, qui devrait prendre effet d’ici octobre, le Premier ministre conservateur, David Cameron, et son gouvernement se terrent. Au cœur du Parti conservateur, la bagarre pour la succession de David Cameron est lancée et il n’est même pas sûr que Boris Johnson soit le candidat incontestable.

Quant à l’opposition officielle, elle est au bord de l’implosion. En réaction à la décision politique probablement la plus importante pour le Royaume-Uni depuis la Seconde Guerre mondiale, le Labour a choisi de s’autodétruire.

«Un type bien»

Au compte-gouttes, la journée de dimanche a enregistré les démissions des députés membres du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn. En fin de journée, le nombre de démissions approchait la dizaine, soit presque la moitié du cabinet. Elles devraient se poursuivre lundi. Pour certains députés du Labour – tenants du centre gauche et d’une ligne plutôt blairiste -, Jeremy Corbyn est en partie responsable de la défaite du camp du remain. Ils l’accusent d’avoir mené une campagne on ne peut plus tiède en faveur du maintien au sein de l’UE. Et surtout, ils soulignent son manque de leadership et le fait que sous sa direction, le Labour n’est pas près de regagner des élections.

L’UE en désordre de bataille

«Jeremy Corbyn est un type bien et décent, mais il n’est pas un leader», a assené Hilary Benn, qui s’occupait des affaires étrangères dans le cabinet de Corbyn et a été viré dans la nuit. Jeremy Corbyn, qui continue à bénéficier du soutien solide des sympathisants de base, a exclu toute démission. Mais un vote de confiance envisagé pour mardi pourrait ne pas lui laisser le choix.

Le Royaume-Uni semble toujours stupéfait par sa décision. Ebahi de voir que le monde n’en revient pas. Que ce retranchement sur les rivages de son île est perçu par beaucoup comme un rejet d’une certaine ouverture d’esprit, d’une modernité pour lesquelles le Royaume-Uni a souvent été admiré. Certains Brexiters n’hésitent pas à dire qu’ils regrettent leur décision, qu’ils n’en avaient pas mesuré les conséquences (lire pages 6-7). D’ailleurs, depuis le vote, les Britanniques se ruent sur Google pour chercher : «Qu’est-ce que l’UE ?»

Au milieu de cette cacophonie et de ce chaos, une seule voix semble sortir du lot, celle de Nicola Sturgeon, Première ministre du gouvernement semi-autonome écossais, chef du Scottish National Party (SNP), indépendantiste. Depuis les résultats de vendredi, d’un ton posé, elle répète qu’au contraire du reste du pays, l’Ecosse est aujourd’hui «gouvernée par une équipe stable». L’Ecosse a voté à 62 % en faveur du maintien au sein de l’UE et Nicola Sturgeon a annoncé l’ouverture de consultations avec Bruxelles pour étudier les possibilités de maintien d’Edimbourg en Europe. Et si cela passe par un second référendum sur l’Europe, pourquoi pas. Depuis le vote, l’idée d’indépendance reprend du poil de la bête, de même que les adhésions au SNP.

Sur les plateaux de télévision, on s’écharpe sur la marche à suivre. Dont personne ne semble avoir la moindre idée. L’article 50 des traités européens, supposé enclencher le départ formel d’un Etat membre de l’UE – et qui n’a jamais été utilisé – est devenu un drôle d’épouvantail.

Incertitudes sur les marchés

Les Brexiters souhaitent faire traîner un peu les choses, alors que les Vingt-Sept pressent pour un enclenchement rapide des négociations. Notamment pour limiter au maximum les incertitudes sur les marchés.

Or, ce sont ces derniers qui dicteront peut-être les prochaines étapes de cette folle période. Vendredi, une journée après le vote, la livre sterling a atteint son plus bas niveau depuis trente ans, les marchés ont plongé et l’agence de notation Moody’s a placé le Royaume-Uni sous recommandation «négative». Les trois derniers jours ont été tellement extraordinaires que tout pronostic sur les quarante-huit prochaines heures est désormais impossible. Le Royaume-Uni retient son souffle. Aux dernières nouvelles, la reine n’a pas abdiqué.

Lettre ouverte à David Cameron

Libération

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