Un genre de cours d’histoire. Au premier rang, des habitués (Corbière, Coquerel, Simonnet). Une surprise (Pierre Laurent). Et d’autres, plus surprenants (Franz-Olivier Giesbert, Audrey Pulvar). François Ruffin, lui, a préféré le fond de la salle, tranquille. Le professeur, Jean-Luc Mélenchon, a profité de la présentation de ses vœux, pour mettre en avant la crise qui traverse le globe. Notamment la Syrie. Ce joli monde a écouté le candidat de La France insoumise sans un mot. Sagement. Il a marqué une nouvelle fois son désaccord avec la politique étrangère de la France. Des phrases, du style : «La France doit cesser d’osciller au gré de ce que veulent ou ne veulent pas les États-Unis.» Puis, après un détour sur par le siècle passé et la chute de l’URSS, il a prévenu son monde : « Je ne m’alignerai pas. La France est une nation universaliste, elle n’a rien à faire dans l’Otan.»

En fait, Jean-Luc Mélenchon a profité des vœux pour régler ses comptes avec ses adversaires et la presse. Ces derniers temps, sa position sur la guerre à Alep a fait couler de l’encre. Car, selon lui, il s’agit d’une guerre «du pétrole et des gazoducs». Il n’y a donc pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Ni la religion au milieu des bombardements. Mais deux armées qui s’affrontent. «Ceux qu’on qualifie sympathiquement de rebelles sont des combattants d’une armée qui se réclame de l’islamisme et qui tire chaque jour sur les forces gouvernementales», a-t-il déclaré en fin d’année. Jeudi soir, devant ses invités, il a confirmé ses propos. Le député européen pousse pour des élections en Syrie pour mettre fin au conflit. Le tout, sans donner le moindre avis sur Bachar El-Assad. Du genre, c’est au peuple de choisir.

L’autre chose qui a terriblement agacé Jean-Luc Mélenchon, c’est le sujet «Poutine». Le candidat à la présidentielle répète à l’envi que ce n’est pas son copain. Mais, la Russie est «l’alliée» de la France qui doit «tourner la page du tropisme atlantiste ». Il dit avec force : « Il n’est pas vrai que la Russie soit une menace pour la paix dans le monde, c’est un mensonge, c’est un acte de propagande destiné à justifier un projet politique en Europe.» Après les mots, le buffet. Une vieille rengaine lors des vœux. Jean-Luc Mélenchon a échangé quelques mots avec ses invités, dont Franz-Olivier Giesbert, sous le regard des photographes, des caméras et des curieux. La chose a retenir de la soirée ? Rien de nouveau sur le fond. Sa position sur la Russie et la Syrie ne bouge pas. Et il compte la défendre jusqu’au bout.

Rachid Laïreche