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En Syrie, une trêve sous le signe du duo Poutine-Erdogan – Libération

liberation.fr – Proche-OrientEn Syrie, une trêve sous le signe du duo Poutine-Erdogan.

Moscou, parrain de Bachar al-Assad, et Ankara, soutien de la rébellion, ont négocié un accord de cessez-le-feu sans passer par les Occidentaux. Il doit entrer en vigueur ce jeudi à minuit.Par Célian Macé  

En Syrie, les armes doivent se taire à minuit, ce jeudi. Cette fois, Vladimir Poutine lui-même a annoncé la trêve, confirmée par Damas, Ankara, la Coalition nationale syrienne (principale formation de l’opposition en exil) et l’Armée syrienne libre (sa branche militaire).

Cet accord de cessez-le-feu, conclu par la Russie et la Turquie, parrains respectifs de Bachar al-Assad et de l’opposition syrienne, est le premier fruit de l’après-Alep.

La conquête finale de la deuxième ville du pays par le régime il y a dix jours, avec l’appui aérien de Moscou et l’aide des brigades irakiennes et libanaises sous commandement iranien, a entériné l’impuissance de l’Occident, Etats-Unis en tête, dans le règlement de ce conflit qui a débuté en 2011.

A lire aussi :Moscou et Ankara négocient la trêve

Moscou a désormais trouvé en Ankara, pourtant membre de l’Otan, un partenaire de négociation privilégié, bien plus accommodant que Washington. Obsédé par la question kurde, le président Recep Tayyip Erdogan a vraisemblablement obtenu des garanties de la part de Vladimir Poutine pour empêcher la constitution d’une unité territoriale kurde dans le nord de la Syrie.

Court-circuitant là encore les Etats-Unis, qui ont choisi, eux, de s’appuyer sur les forces kurdes du PYD (proches du PKK turc) pour combattre l’Etat islamique dans la région.

A la rescousse

A quelques jours de la fin de mandat de Barack Obama, l’échec de la diplomatie américaine en Syrie est criant. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des avions russes ont bombardé des cibles de l’Etat islamique à Al-Bab, bastion jihadiste que des rebelles syriens appuyés par Ankara tentent de prendre depuis plusieurs semaines, a rapporté l’agence de presse turque Dogan.

L’armée turque, présente sur le territoire syrien depuis le lancement de l’opération «Bouclier de l’Euphrate», en août, avait essuyé de lourdes pertes la semaine dernière : 16 soldats avaient été tués. Ankara avait demandé un appui aérien de la coalition internationale (conduite par Washington), en vain.

Ce sont les avions de Poutine qui sont venus à sa rescousse. Cherchant à ménager ses alliées de l’Otan, le ministre turc des Affaires étrangères a toutefois précisé, jeudi, qu’il n’y avait pas «de coopération entre la Russie et la Turquie dans les opérations contre l’EI à Al-Bab».

En dépit de la confiance affichée par le duo Poutine-Erdogan, l’accord de cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur cette nuit apparaît encore fragile. Comme lors des précédentes trêves, l’écueil pourrait résider dans son périmètre d’application. De l’avis général, l’Etat islamique en est exclu : la lutte contre l’organisation jihadiste va donc se poursuivre. Mais qu’en sera-t-il de Fateh al-Cham (l’ex-Front al-Nusra, proche d’Al-Qaeda) ?

Damas a annoncé que le groupe jihadiste n’était pas, lui non plus, concerné par la trêve. Pourtant, l’Armée syrienne libre affirme le contraire et estime que le cessez-le-feu s’applique bien à Fateh al-Cham, implanté dans la région d’Idlib. La même question se pose pour le PYD : la rébellion syrienne assure que l’organisation kurde n’est pas partie prenante de la trêve. Ce qui laisserait à Ankara les coudées franches pour l’affronter dans le nord du pays, mais pourrait agacer Washington.

Porte entrouverte

L’autre point de fragilité de l’accord est la marginalisation de l’Iran. Lors des négociations sur l’évacuation des habitants d’Alep-Est, dont la République islamique avait déjà été exclue, Téhéran avait exprimé son mécontentement en empêchant les bus de quitter la ville, paralysant le processus pendant plusieurs jours. Estimant avoir payé un lourd tribut dans la reprise d’Alep – sans l’action du Hezbollah ou des milices irakiennes sous commandement iranien, jamais Moscou et Damas n’auraient pu s’emparer de la ville –, Téhéran exige d’être associé à toute discussion sur l’avenir de la Syrie.

C’est la troisième fois, cette année, qu’une trêve est annoncée. Les deux premières, négociées par les Etats-Unis et la Russie, n’avaient pas tenu plus de quelques semaines. Cette fois-ci, les Occidentaux se retrouvent hors jeu.

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a néanmoins salué l’accord de cessez-le-feu, ce jeudi, et exprimé l’espoir qu’il «sauvera des vies de civils et facilitera l’acheminement de l’aide humanitaire».

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Vladimir Poutine a par ailleurs réaffirmé la tenue prochaine d’une réunion de négociation à Astana, au Kazakhstan, en présence de la Turquie, de l’Iran, des représentants du régime syrien et de la rébellion. La porte de ces pourparlers – qui doivent s’ouvrir dans un mois tout au plus, selon l’accord signé jeudi – reste entrouverte pour la participation d’autres pays ou acteurs, notamment l’ONU.

Les représentants de l’opposition syrienne ont tenu à ce que l’accord se réfère à la déclaration de Genève sur une transition politique en Syrie. Dans la foulée, ce jeudi, le président russe a annoncé une «réduction» de son contingent militaire en Syrie, quinze mois après le début de l’intervention militaire russe. Après l’écrasement d’Alep, le Kremlin tente désormais de faire avancer sa Pax Russica à marche forcée.

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