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Dernière chance pour virer Trump – Libération

liberation.fr – Dernière chance pour virer Trump. Les grands électeurs doivent formellement désigner ce lundi le nouveau président. Suivront-ils les appels à la révolte d’une partie de l’opinion ? C’est très peu probable, mais le débat sur la représentativité du système électoral est reposé. Par Vincent Dozol, intérim à New York

Combien seront-ils à sortir du rang ? C’est ce lundi que les 538 grands électeurs votent dans chacun des 50 Etats du pays pour les prochains président et vice-président des Etats-Unis, sur fond d’incertitude politique, de cyberguerre avec la Russie et de fortes inquiétudes face à Donald Trump imprévisible, qui nie ces intrusions étrangères et a perdu le vote populaire – Hillary Clinton a remporté 2,86 millions de voix de plus que lui.

Le vote des grands électeurs a cependant toutes les chances d’être une simple formalité, même si les anti-Trump rêvent d’une révolte de dernière minute. Certes, le collège électoral, cette singularité américaine (lire page 4), peut en théorie faire défection et barrer la route de la Maison Blanche à Trump.

D’autant que ces grands électeurs s’expriment dans un contexte extraordinaire : les agences de renseignement ont conclu que des hackeurs russes avaient bien piraté des serveurs du Comité national démocrate et la boîte mail de John Podesta, le président de la campagne d’Hillary Clinton (lire ci-contre). «Ça suffit !» a lancé Barack Obama à Vladimir Poutine en septembre. Hillary Clinton a aussi accusé le président russe d’être derrière ces attaques, dans le but «d’affaiblir notre démocratie».

«Héros». Depuis plusieurs jours, Clay Pell, un des grands électeurs démocrates, demande un compte-rendu des agences de renseignement sur ces interférences étrangères dans l’élection. En vain. En attendant, Donald Trump rappelle qu’il a remporté ces élections avec 306 grands électeurs, une avance confortable sur le minimum de 270 nécessaire requis pour être élu.

Pour contrer le futur 45président des Etats-Unis, 37 grands électeurs républicains doivent donc faire défaut. Or, un seul d’entre eux, le Texan Christopher Suprun, a annoncé publiquement qu’il ne voterait pas pour Trump, «qui n’est pas qualifié pour assurer cette fonction».

Un groupe de grands électeurs essentiellement démocrates s’est aussi constitué : les Hamilton Electors, en référence au père fondateur et théoricien des Federalist Papers (1788), qui considérait le collège électoral comme un garde-fou contre l’élection d’un «homme qui n’est pas doté à un degré éminent des compétences nécessaires». Ces électeurs particuliers reçoivent aujourd’hui de nombreuses pressions de la part de leurs concitoyens et de stars d’Hollywood pour «voter selon leur conscience».

Une pétition en ligne a recueilli près de 5 millions de signatures et plusieurs personnalités ont diffusé cette semaine une vidéo appelant au sursaut : «Vous avez le pouvoir et l’occasion de devenir, dans les livres, des héros américains qui ont changé le cours de l’histoire».

Les grands électeurs sont contraints par la tradition historique, un sens du devoir patriotique, la loyauté partisane ou simplement, dans certains Etats, par une loi les obligeant à soutenir celui qui a remporté la majorité des voix, sous peine d’amende.

Des sondages internes, réalisés par l’agence Associated Press et le Comité national républicain, n’ont pas révélé une armée de grands électeurs prête à déserter. Mais en cas d’absence de majorité ce lundi, les Américains ne retourneront pas aux urnes : le 12e amendement de la Constitution prévoit que, dans ce cas, il revient à la Chambre des représentants (à majorité républicaine) de choisir un président parmi les trois premiers candidats ayant reçu le plus de voix au collège électoral. Le Sénat, de son côté, élit le vice-président.

Ce scénario digne de la série télévisée Veep s’est déroulé une seule fois, en 1836, suscitant les fièvres du président élu, le démocrate Martin Van Buren. Une vingtaine de grands électeurs virginiens avaient refusé de voter pour son vice-président, Richard Mentor Johnson, lui préférant William Smith.

Le Sénat a alors porté Johnson à la vice-présidence, confirmant le résultat de l’élection nationale. Selon Richard Berg-Andersson, directeur du site d’analyse politique The Green Papers, «neuf grands électeurs ont fait défection depuis 1948, sans remettre en cause l’issue du scrutin».

Tentation. Les éventuels conflits d’intérêts de Donald Trump (lire Libération du 12 décembre) inquiètent également les grands électeurs. Le président élu a annulé sa première conférence de presse prévue le 15 décembre. Ses avocats ont ainsi plus de temps pour imaginer le futur de son empire commercial, la Trump Organization, et les grands électeurs pourront voter avec l’esprit moins encombré par ces fâcheuses questions…

Si certains grands électeurs décidaient de ne pas voter pour Donald Trump, il y a cependant très peu de chances qu’ils choisissent Hillary Clinton. Quelques-uns pourraient se reporter sur des républicains plus modérés comme John Kasich, Mitt Romney ou n’importe qui d’autre qu’ils jugent apte.

A gauche comme à droite, de nombreux observateurs voient dans cette tentation de défiance un dangereux précédent pour le processus démocratique. Et voilà qu’est relancé le débat constitutionnel sur la pertinence des grands électeurs. C’est la deuxième fois en seize ans que les Etats-Unis élisent un président qui a perdu le vote populaire. La première fois, c’était en 2000, lorsque le démocrate Al Gore avait perdu contre George W. Bush alors qu’il avait recueilli davantage de voix. Quatre ans plus tard,

Al Gore plaisantait lors de la convention démocrate : «Vous connaissez le vieux dicton sur les élections : vous en gagnez quelques-unes, en perdez quelques-unes, et il y a cette petite troisième catégorie méconnue.» A l’époque, la petite troisième s’appelait la Floride. Le suspense du recomptage avait duré un peu plus d’un mois.

Comment la cyberguerre froide a parasité la campagne

Libération

Sorgente: Dernière chance pour virer Trump – Libération

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