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Airbus taille dans ses effectifs pour se placer dans le sillage de Boeing – Libération

Malgré un carnet de commandes garni pour dix ans, l’avionneur supprime des postes, pour tenter de se rapprocher des performances de son rival américain.

Après la fiesta, la gueule de bois. Jeudi 24 novembre, Airbus célébrait en grandes pompes le premier vol de l’A350-1000. L’appareil le plus long jamais construit par le fabricant européen (73 mètres), capable d’embarquer 365 passagers. Mardi, un comité d’entreprise à Toulouse examinera un projet de suppression de 1 357 postes sur les différents sites du groupe en Europe. Il y aurait 315 millions d’euros d’économie à la clé.

La semaine dernière, fuites et bruit de couloir évoquaient 1 000 emplois touchés par ce plan de restructuration au nom poétique de «Gemini». En huit jours, l’addition a augmenté de 30%. «Ça laisse de la marge pour revoir les chiffres à la baisse. C’est une manière assez classique pour la direction de valoriser son ouverture au dialogue social et aussi de mettre en avant les talents de négociation des organisations syndicales», analyse, en «habitué», Eric Robillot, délégué CGT sur le site Airbus de Suresnes (Hauts-de-Seine), dédié à la recherche.

Négociations

Officiellement, la réorganisation d’Airbus et la création d’un siège social unique, au mois de juin, entraînent des sureffectifs. La réalité est sans doute plus politique. Le constructeur d’avions n’est pas une société tout à fait comme les autres, puisqu’il a longtemps été dirigé de manière binationale, afin de ménager les intérêts allemands et français. Cet été, le PDG, Tom Enders a fait table rase du passé. Son mouvement de réorganisation veut briser une logique selon laquelle des fonctions similaires existent depuis des années, aussi bien à Toulouse et Suresnes qu’à Hambourg et Munich : «La réorganisation en un siège unique ne change en réalité pas grand chose, ces questions auraient dû être traitées depuis plusieurs années, mais personne n’a voulu s’en occuper», estime Yan Derocles, analyste financier du secteur aéronautique pour la société d’investissement Oddo Securities.

Reste maintenant à déterminer combien d’emplois seront effectivement supprimés. Pour mémoire, le précédent plan d’économies d’Airbus, en 2008, prévoyait 5 000 postes en moins. 2 500 ont été effectivement supprimés. Une subtile négociation va maintenant s’engager. Durant six mois, la direction va proposer de troquer l’absence de licenciements secs contre l’acceptation, par les organisations syndicales, de départs volontaires et de mobilité sur les différents sites du groupe. «Historiquement on a réussi à éviter le pire, mais les solutions sont de plus en plus difficiles à trouver. Lors du précédent plan, nous avons néanmoins réussi à éviter des fermetures de site», rappelle Yvonnick Dreno, délégué central de FO, le syndicat majoritaire chez l’avionneur.
Il semblerait cette fois-ci que le département de la recherche, installé depuis des lustres sur les quais de Seine, à Suresnes, soit sérieusement menacé. Il compte aujourd’hui 600 salariés et pourrait carrément fermer ses portes. Airbus aurait, selon nos informations, mis en vente les 9 400 m2 du dernier immeuble dont il est propriétaire sur le site. Le reste des locaux occupés par le constructeur aéronautique est loué à un fond d’investissement américain, Colony Capital, et le bail peut être facilement résilié.

 Sous-traitants

En lançant ce plan de suppression d’emplois, le PDG, Tom Enders, veut également envoyer un message aux marchés financiers qui ne regardent pas tant le match des commandes d’avions entre les deux principaux constructeurs que la marge bénéficiaire. Or Airbus est, aujourd’hui, une moins bonne affaire pour ses actionnaires que ne l’est Boeing. Même si les chiffres publiés par l’un et l’autre n’utilisent pas les mêmes normes comptables.

La mise au régime semble cependant loin d’être terminée. Airbus, pas plus que Boeing, n’a de nouveau projet d’avion en préparation. Dans les années qui viennent, il lui sera donc difficile de vendre ses appareils au prix fort, en arguant de leur innovation technologique. «Les compagnies vont alors demander des rabais plus importants, qui vont peser sur les coûts de productions», prévient l’analyste Yan Derocles. Les nombreux sous-traitants seront donc les prochains à se serrer la ceinture. Cette mise à la diète devrait être valable pour les plus aisés, comme le motoriste Safran ou l’électronicien Thalès, dont les marges sont aujourd’hui confortables. Mais elle concerne aussi ceux, plus modestes, qui fournissent les milliers de pièces métalliques ou de composite assemblées dans les ateliers de Toulouse et Hambourg. Dans l’industrie, un plan d’économie sonne souvent deux fois.

Sorgente: Airbus taille dans ses effectifs pour se placer dans le sillage de Boeing – Libération

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