Ils ont donc fait un autre choix. Au terme d’une consultation de leurs adhérents cette semaine, les communistes soutiendront finalement Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. A 53,6%, ils ont finalement décidé l’option retenue par leur secrétaire national, Pierre Laurent… mais qui n’était pas celle de leurs délégués (soit les cadres du parti). Ces derniers, montés à Paris il y a trois semaines, avaient choisi une autre option : celle d’un candidat communiste. Comme en 2012, le PCF se mettra donc au service de Jean-Luc Mélenchon, parti en février sans prévenir ses alliés, sous l’étiquette de la France insoumise et non du Front de gauche, désormais enterré.

Mais ce choix, précise la direction PCF ce samedi soir dans un communiqué, est «celui d’une campagne communiste autonome appelant à voter Jean-Luc Mélenchon, considérant qu’un rassemblement peut s’opérer avec cette candidature et qu’elle porte une grande partie des propositions de la gauche alternative à l’austérité». Manière de rappeler que ce n’est pas un blanc-seing donné au député européen et qu’ils vont batailler ferme pour garder une place de choix, notamment pour les prochaines législatives. «Ce choix indique également que les communistes poursuivront leurs efforts pour une candidature commune, porteront cet appel en conservant leur autonomie, critique et constructive, travailleront à un cadre collectif de campagne élargi afin d’oeuvrer à la construction d’un rassemblement le plus large possible», est-il écrit dans ce même communiqué.

Déjouer tous les scénarios pré-établis

Soutien précoce de Mélenchon, l’ex-ministre de Jospin et ex-patronne du parti, Marie-George Buffet s’est félicitée du résultat de ce vote : «C’est en effet une clé qui peut ouvrir la porte de l’espoir et de la construction d’une alternative aux politiques libérales à l’œuvre et à venir, affirme-t-elle dans un communiqué. Alors que les prétendants à droite font de la surenchère pour savoir qui prendra le plus de mesures contre les intérêts populaires et que les candidats socialistes cherchent à faire oublier le bilan du Président issu de leur parti, le choix de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle peut déjouer tous les scénarios pré-établis».

S’il va pouvoir imposer des conditions à la direction du PCF – qui a trop tergiversé avant de le rejoindre – et s’assurer des parrainages nécessaires pour se présenter en 2017, pas sûr que ce nouveau soutien soit si évident à gérer pour Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier, qui se dit «hors cadre de parti», souhaitait avoir les militants communistes avec lui sans s’embarrasser des demandes de leur direction ou de leurs élus sur la ligne politique ou les négociations électorales. Ses proches – et lui-même – ne se sont pas pressés pour saluer la nouvelle sur les réseaux sociaux. Au moment où tombait le résultat du vote PCF, ils étaient au rassemblement parisien pour rendre hommage à Fidel Castro.

Lilian Alemagna