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Trump, l’éléphant dans la COP22 – Libération

Le futur locataire de la Maison blanche est connu pour ses sorties climatosceptiques. Dans les allées de la COP22, à Marrakech, on craint les conséquences de son élection sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Sous la canopée de l’allée centrale de la COP22, à Marrakech, diplomates et société civile parlent des Etats-Unis comme d’un lointain parent malade: avec des prériphrases, beaucoup d’euphémismes et la tête un peu penchée sur le côté. On parle pudiquement de «la situation politique», des «incertitudes»… En évitant de nommer l’homme qui ébranle le fragile équilibre atteint l’an dernier, à la COP21: Donald Trump.

Le futur locataire de la Maison blanche est connu pour ses sorties climatosceptiques. Selon le milliardaire, le changement climatique est une «invention des Chinois pour affaiblir l’industrie américaine». Même s’il n’en a pas reparlé publiquement depuis son élection, il a affiché plusieurs fois sa volonté «d’annuler» l’Accord de Paris, négocié lors de la COP21 en décembre au Bourget, qui vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre pour contenir l’augmentation des températures mondiales en deçà des 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle. Et qui, sans mécanisme de sanction, repose sur le bon vouloir des Etats à respecter leurs engagements. Ils sont loin, les Etats-Unis qui, en duo avec la Chine, avaient pris le leadership diplomatique sur la question climatique ces dernières années.

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«Wait and see»

L’élection de Trump, mardi dernier, a mis un méchant coup de bambou aux participants de la 22ème Conférence des Parties (COP22), à Marrakech. Eclipsant le contenu des négociations elles-mêmes, au grand dam des délégués et de la société civile, qui cherchent en cette deuxième semaine à changer de sujet. A l’instar de l’ambassadeur américain sur le climat, Jonathan Pershing, qui a préféré rappeler «la dynamique immense» à l’oeuvre depuis Paris – l’Accord est entré en vigueur de manière anticipée, le 4 novembre dernier, après une salve de ratifications -, lors d’une conférence de presse lundi à Marrakech.

«Les chefs d’État peuvent changer, et vont changer, mais je suis sûr que nous maintiendrons un effort international durable pour lutter contre le changement climatique, a-t-il affirmé. C’est un effort mondial qui a rendu l’accord possible, et l’engagement qui l’a permis est de nouveau évident à la COP22.»

Bombardé de questions sur la future administration Trump, et les intentions du président élu, Pershing s’est contenté de dire qu’il était «trop tôt pour spéculer». Et lâché un brave «wait and see». «Les personnels de l’équipe de transition ne sont pas encore arrivés dans l’administration, et je n’ai pas encore eu de contacts avec eux, s’est-il justifié. Je n’ai pas d’information sur comment ça va se passer, et ne peut rien prédire des politiques climatiques de la nouvelle administration du président élu». Rideau.

Soutiens inattendus

Depuis l’élection de Donald Trump, de nombreux pays ont réaffirmé leur soutien à l’accord de Paris, et au processus de négociation. Les habituels «bons élèves» du climat (pays vulnérables, Brésil), ou, plus inattendu, l’Arabie Saoudite, chef de file des pays pétroliers. La Chine, autrefois force d’inertie dans les négociations, n’a pas hésité à donner de la voix pour défendre l’accord de Paris, et indiquer qu’elle irait de l’avant quelle que soit la politique climatique de la future administration Trump. Le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre se retrouve en position de leader quasi-incontesté sur la scène climatique. L’Australie, plutôt bonnet d’âne sur le sujet, et dans la même coalition de pays que les Etats-Unis (le groupe parapluie) a même ratifié le texte après l’élection de Trump.

«Aucun pays n’a exprimé de regret d’avoir ratifié l’Accord de Paris après l’élection de Donald Trump, appuie Jake Schmidt,‎ de l’ONG Natural Resources Defense Council (NRDC) basée à Washington. Le Brésil, l’Arabie Saoudite, la Chine ont affirmé qu’ils continuaient l’action climatique. Il y a des signaux qui sont envoyés par l’économie mondiale qui ne trompent pas.»

«Trump issue»

Aucun officiel n’aborde frontalement la question, mais l’élection de Donald Trump fait figure d’éléphant dans la pièce. La ministre fédérale allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks, a fait lundi après-midi une présentation de l’objectif d’économie neutre en carbone d’ici 2050… Et a immanquablement été interrogée sur la «Trump issue», la «question Trump, qui ne peut être évitée dans cette convention», a déroulé un journaliste sud-américain. Notamment parce que les Etats-Unis sont le principal bailleur de fonds, entre autres pour l’aide à l’adaptation face au changement climatique des pays les plus vulnérables. «Je suis convaincue que la nouvelle administration américaine va respecter ses obligations sous l’égide du droit international et de la Convention cadre des nations unies sur le climat [qui coiffe les négociations climat depuis sa création en 1992, ndlr], et respecter les droits humains», a laconiquement répondu la ministre.

Interrogé lui aussi sur les conséquences de l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, l’ancien ministre de l’Environnement du Pérou, Manuel Pulgar Vidal, se veut lui aussi rassurant: «Il y a beaucoup d’incertitudes, mais ce qui va surtout importer, c’est comment le secteur privé américain et la société civile vont réagir, veut croire le président de la COP20 à Lima, aujourd’hui au WWF. Il est impossible aujourd’hui d’aller contre la dynamique à l’oeuvre, ni contre la science. On parle d’emplois, de sécurité. Si les Etats-Unis sortent du processus, le secteur privé a beaucoup à perdre. Il faut attendre. [Trump] a dit des choses, mais j’espère qu’il sera différent une fois au pouvoir.»

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Il faudrait au moins trois ans à Donald Trump pour sortir de l’Accord de Paris, plus un an de préavis. Mais le nouveau président américain pourrait choisir de sortir carrément de la Convention-cadre, adoptée à Rio en 1992, comme le laissait entendre une source de son équipe de transition citée par Reuters. Dans ce cas, le départ des Etats-Unis des négociations climatiques (et donc de l’Accord de Paris) ne prendrait qu’une petite année. Mettant hors de l’arène onusienne le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre.

«Par le passé, nous avons déjà dû faire face au retrait américain du Protocole de Kyoto, note Pulgar Vidal, rappelant la sortie des Etats-Unis sous l’administration Bush, en 2000, du précédent traité visant à des réductions d’émissions contraignantes cette fois, et pour les pays industrialisés uniquement. La Convention a survécu, et on a même réussi à faire l’Accord de Paris. Si les Etats-Unis sortent de l’UNFCCC, la question, c’est qui va souffrir le plus: la planète, ou les Etats-Unis?»

Sorgente: Trump, l’éléphant dans la COP22 – Libération

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